Les clivés de l’amour

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Les clivés de l’amour : ceux qui sont coupés sexe et cœur

Après les frileux de l’amour et ceux qui donnent trop, voici les clivés de l’amour, un autre profil amoureux, les clivés sont ceux qui ne peuvent pas allier le cœur et le sexe en même temps, ils donneront soit leur cœur, soit leur sexe.

Ils séparent, coupent, catégorisent, hiérarchisent. C’est le soit, soit et pas le et, et.

Ou alors, ils vont s’attacher aussi à des personnes en miroir qui ne peuvent pas jouer tous les rôles à la fois, par exemple : un homme se marie par exemple avec une femme , lui fait des enfants, elle n’est plus qu’une mère, celle-ci bien figée dans ce rôle de petite femme ordrée et proprette et à côté s’autorisera à vivre sa vie sexuelle fantasmatique avec une autre.. qui, elle n’ est assignée qu’ à ce rôle d’amante.

Ce profil amoureux correspond à une personnalité très énergique, en général séduisante et qui réussit dans la vie.
Paraissant sûre d’elle même mais en réalité, elle pense qu’elle n’a de valeur que si elle réussit.
L’estime de soi est entamée sous une apparente réussite.

Pour les hommes :

Ils vont établir des relations soit à partir du cœur, soit à partir de la sexualité.
Deux sous types :

1- Le type romantique :
Ce sont des hommes qui réservent leur cœur, partagent l’intimité et vont idéaliser la relation amoureuse: les romantiques, les réservés, les méfiants, préférant renvoyer une image authentique d’un être sensible par opposition à un être grossier, prédateur masculin et consommateur de femmes.
Parfois garant d’une certaine morale sexuelle pour préserver une image de romantisme.
Cette représentation d’un homme respectueux de la femme, les amène à se couper d’une partie d’eux, je donne mon cœur mais pas mon sexe, je suis gentil et doux avec les femmes, mais elles sont potentiellement castratrices, donc je me méfie.
Le pôle féminin de l’homme est au premier plan, empathique, confident des femmes, il sait les comprendre, les écouter, les cerner.
Il va les aimer de tout son cœur mais sera moins investi sexuellement.
L’énergie sexuelle sera donc soit peu incarnée, soit réservée à des femmes répertoriées sexuelles.
Il peut y avoir un investissement sexuel au début et assez rapidement un désinvestissement.
A l’image des troubadours auraient tout donné pour des femmes aimées mais sans donner la totalité d’eux, pas de sexe, que du cœur idéalisé.

2-Le type sexuel :
Ce sont des hommes qui vont fermer leur cœur blessé, et proposer une relation en dessous de la ceinture, le sexe fonctionne bien mais pas le cœur.
Par exemple, Les Don Juan, les séducteurs, manipulateurs habiles pour charmer et obtenir les faveurs des dames..
Ils utilisent les partenaires pour se sentir désirable, séduisent non pas pour contrôler mais dans le but d’empêcher toute intimité véritable.

Ils peuvent par ailleurs ravir sexuellement mais parlent peu d’eux mêmes, une pudeur à faire vivre une intimité vraie, ils investissent la relation à partir de l’énergie sexuelle et s’en tiennent à cela en général.
Ils vont utiliser la mécanique sexuelle pour être en lien, et sont mal à l’aise dans la partie émotionnelle et surtout pour oser s’exprimer et nommer ce qu’ils ressentent.
C’est plus une sexualité mécanique où la performance et la puissance est importante, mais déconnectée des sentiments.
Au début, ils vivent des périodes d’intense sexualité mais si la relation se développe, ils perdent souvent tout désir sexuel, mais restent capables de développer des relations sexuelles avec de nouvelles personnes.
Leur sexualité est liée au système orthosympathique, passion, chaleur, début de relations.
Alors que pour les romantiques c’est l’inverse, le système parasympathique est dominant, donc le besoin est à la tendresse et à la confiance pour qu’il y ait sexualité.

Physiquement le profil sexuel est souvent séduisant, attaché à son image, et en même temps d’aspect raide et dur, un peu comme une armure verrouillée.

Ils peuvent donc rester avec un même partenaire pour des questions de stabilité mais avoir des relations sexuelles ailleurs.
Ou alors sont taxés par les femmes d’hommes ne voulant pas s’engager, de les tromper en les amenant sur le terrain de la sexualité et en les utilisant comme des objets.

La relation amoureuse pour les deux sous profils sera appauvrie d’une partie soit le cœur, soit le sexe puisque la totalité de l’être ne peut être offerte.
Le défi pour ces personnes là est d’avoir un cœur ouvert et une forte sexualité, d’intégrer les deux à la fois.

Malheureusement, leur système défensif ne leur permet pas de fonctionner complètement.
Bien évidement, on cherche tous à être aimé, mais n’étant pas certain de pouvoir être accueilli pour ce qu’ils sont, ils ont appris à se couper d’une partie.
Ils présentent ce que l’on nomme le symptôme du cœur brisé. Au fond, ils ont une peur inconsciente de ne pas pouvoir aimé et être aimé.
Ayant parfois eu le sentiment d’avoir été utilisé enfant, ils contrôlent en cherchant à prendre le pouvoir dans la relation, en donnant soit leur sexe sans cœur, soit leur cœur sans sexe. Sauf que la sexualité est un espace où se privilégie l’abandon ; le contrôle n’y trouve pas sa place.
En apparence la fierté est d’être parfait, sans faille, sans faiblesse, ou de ne plus jamais laisser quelqu’un les blesser. Ils rejetteront donc avant d’être rejeté.

Quand enfant, on a vécu des traumatismes du développement, on se protège en se déconnectant, en se coupant.
S’il y a une défaillance de l’environnement, le tout petit va se couper de ses besoins, quand ceux-ci ne peuvent être satisfaits.

On imagine alors que l’autre ne nous aimera pas, ou alors, méfiant entretenir un rapport de test : « si tu m’aimes peut être alors je t’aimerai ». L’amour devient un rapport à l’échange.

C’est exactement ce qui nous a protégé enfant, qui crée la déconnexion adulte.
L’énergie sexuelle est perçue comme ce qui nous rend vivant en général et chez eux c’est là aussi où il y a le plus de résignation.
L’autre est perçu comme quelqu’un qui ne m’aimera pas, ce qui le met dans l’impossibilité de nous aimer.
Cette attente de la réciprocité crée d’énormes problèmes.

Le clivage est une manière de gérer le danger bien évidemment mais un danger sur-interprété qui est un danger qui appartient au passé.

Quand le clivage est à l’intérieur de soi : le sexe coupé du cœur, le clivage peut se projeter à l’extérieur ; par exemple un homme qui ne peut pas aimer une femme qui réunit le sexe et cœur en même temps, il aimera soit la sainte chez une femme, soit la putain ; de la même manière, le clivage est au rendez-vous.

Le schéma est : ou je me coupe ou je te coupe en deux parties.

Pour les femmes

Le type centré sur le coeur :
Soit elles sont centrées sur le cœur et de nouveau investissent la relation dans le don d’elle, je suis celle qui va tout donner à son époux et sa famille par exemple, je vais jouer à fond le rôle de l’épouse parfaite, le rôle de mère, être généreuse, à la hauteur de l’amour, la douceur, la patience, je vais même jusqu’à sacrifier des plages de ma liberté.
L’énergie sexuelle va être peu investie, au détriment du don d’elle. La fonction épouse et mère est par contre très investie, voire sur-investie, ce qui génère une difficulté de place pour l’homme entre la dyade mère-enfant. Ou encore, lorsque les enfants grandissent et partent de la maison, un sentiment d’arrachement et surtout d’inutilité existentielle si je me départie de la fonction mère.
Est-ce un cliché ou les femmes, qui éduquées de la sorte, ont vite compris que pour être aimées il fallait être la femme d’un homme ?
Et si on les retrouve en boîte échangiste, c’est souvent pour faire plaisir à leur mari.

Si elles clivent à l’intérieur, elles peuvent aussi cliver à l’extérieur, l’homme ne peut pas m’aimer si je ne rentre pas dans la catégorie de l’épouse aimante et correcte. Pas celle qui rêve d’assouvir ses fantasmes les plus débridés.

le type sexuel :
Alors on observe chez certaines d’entre elles, des envies d’explorer leur sexualité aussi mais sans les sentiments, de se prendre un amant ailleurs lorsqu’elles osent sortir de leur cadre de femme pure et sainte. Mais en compartimentant bien évidement, il y a le mari d’un côté et l’amant de l’autre et on se coupe d’une partie de soi dans chaque relation. Avec l’un l’attachement tendre, avec l’autre la sexualité sauvage.
Ou encore ces amazones, ou la catégorie récente des fées clochette,profil à la fois narcissique, séducteur, femme-enfant capricieuse, qui prend et jette quand l’homme ne rentre pas dans les attentes, un peu comme une revanche sur les hommes qui ne seraient pas à la hauteur.

Y a –t-il des pistes pour aider ces femmes et ces hommes à sortir de cette coupure entre le sexe et le cœur ?

Déjà comprendre que ce dont elles désirent le plus, c’est ce dont elles craignent le plus.
Pour le type sexuel, l’envie d’être aimé est couplée à la peur d’être rejeté, il va utiliser la sexualité pour ne pas avoir son cœur brisé.
Le type romantique va utiliser le cœur et éviter la sexualité pour cacher la peur d’être rejeté en étant sexuel, incarné.

Le défi est de les aider à saisir que le traumatisme est dans le passé, que l’abandon a déjà eu lieu, qu’aujourd’hui vous n’avez pas l’intention de les rejeter ni les blesser, dès qu’ils se coupent.

Et si vous vous êtes reconnu comme un clivé de l’amour, est-ce possible d’être l’amant ou l’amante que vous voulez être pour vous même et non pas pour être aimé ou plaire aux autres ?
Le fait de ne plus donner force au rapport relationnel, je ne fais pas pour l’autre, ni pour être reconnu, ni pour être aimé, on appelle cela développer l’amant intérieur.

Le 24 juin 2017
Véronique Kohn