Coup de foudre?quels sont les signes ? Une psychologue décrypte ce sentiment amoureux Sur Femme actuelle.fr

par Véronique Kohn

Intense, le coup de foudre nous tombe, comme son nom l’indique, dessus sans prévenir ! Comment reconnaître ce sentiment puissant quand il survient ? Les réponses d’une psychologue.

selon une étude Statista réalisée en 2015, la moitié des Français ont déjà connu le coup de foudre, ce sentiment très fort caractérisé par le cœur qui s’emballe lors de la première rencontre avec une personne ! « Le coup de foudre, c’est tomber en amour comme ils disent au Canada. C’est être renversé et bousculé. C’est Éros. On est saisi par la flèche d’Apollon, comme si on ne pouvait pas faire autrement« , explique Véronique Kohn, psychologue et psychothérapeute, spécialiste des relations amoureuses et auteure de l’ouvrage « Quand la peur de perdre l’autre me fait le perdre » (Ed. Tchou)

Coup de foudre : quels sont les signes ?

« Le coup de foudre n’est que purement projectif, puisque l’être que l’on ne connait pas, est perçu comme celui qui correspond à son idéal« , explique Véronique Kohn.

Le coup de foudre se manifeste par différents signes.

Les signes physiologiques

« Quand le coup de foudre se produit, le système sympathique s’emballe et l’organisme secrète plusieurs neurotransmetteurs« , explique Véronique Kohn. L’organisme produit, en effet, quatre molécules spécialisées : la phénéthylamine, la dopamine, la norépinéphrine et l’adrénaline. C’est d’abord la phénéthylamine qui entre en jeu et qui provoque le sentiment de bien-être et donc la fameuse sensation d’être sur un petit nuage ! La dopamine prend ensuite le relais et stimule la transmission nerveuse : c’est elle qui est responsable de la bonne humeur, de l’enthousiasme et du fameux rire nerveux. La norépinéphrine provoque ensuite une sensation d’euphorie et stimule la production d’adrénaline qui accélère le rythme cardiaque et augmente la pression artérielle, ce qui procure une sensation de chaleur dans tout le corps. « On a aussi la sensation d’avoir des papillons dans le ventre« , explique Véronique Kohn. C’est encore une fois l’adrénaline qui est à l’origine de cette impression liée à une réduction du flux sanguin dans l’estomac.

Une sensation de flottement

En raison du sentiment d’euphorie et de bien être induit par la production des quatre neurotransmetteurs, certaines personnes expliquent qu’elles ont l’impression que leur esprit se détache parfois de leur corps et décrivent des moments de flottement et de problèmes de concentration. Elles ne font plus attention à ce qu’elles font et sont facilement étourdies même quand cela ne fait pas partie de leur caractère. « C’est la fameuse sensation décrite quand on tombe en pamoison« , explique Véronique Kohn.

L’obsession de l’autre

La personne qui est l’objet de toutes les attentions devient l’unique sujet de préoccupation. La victime du coup de foudre se demande en permanence ce que fait l’autre, quand il va l’appeler ou s’il ressent la même chose qu’elle. Elle se remémore sans cesse la scène de la rencontre et ne peut être soulagée que quand elle revoit l’être qui l’obsède.

Coups de foudre : les profils concernés

Véronique Kohn précise que certains profils sont plus sujets aux coups de foudre que d’autres. « Il y a un rêve latent sous-jacent à l’envie d’un rêve d’amour et de de complétude à la mode âme sœur. Si ce mythe ne fait pas partie du champ de la personne, elle ne succombera pas au coup de foudre même s’il se présente : imaginez un ermite ou un globe-trotteur passionnés uniquement par le voyage : ils ont peu de risques de succomber au coup de foudre car ce n’est pas leur sujet, précise-t-elle.

A l’inverse, il y a les fans du rêve d’amour romantique. C’est le cas tous les profils fusionnels et des profils idéalistes bien évidemment, qui rêvent plus d’un idéal de femme ou d’homme que de la réalité. Ils sont souvent déçus par le réel et donc préfèrent le rêve d’amour au couple du quotidien plein d’embûches. Sont aussi davantage concernés par le coup de foudre les profils dépendants à l’intensité, et ceux qui cherchent à se remplir par un autre, qui n’aiment pas la solitude, ou ressentent trop le vide. Rêver à l’âme sœur leur convient bien », explique Véronique Kohn.

Coup de foudre : et après ?

Le coup de foudre n’est par définition pas durable. Ses manifestations physiologiques diminuent dans le temps. Selon les spécialistes, après un an et demi de relation, la concentration des neurotransmetteurs liées au coup de foudre commence à diminuer et au bout de quatre ans, ils disparaissent. Une autre hormone prend alors la relève. Il s’agit de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement qui induit un lien fort et durable entre deux personnes. Mais ce n’est pas toujours le cas. « Même s’il est réciproque, le coup de foudre ne va pas systématiquement se transformer en amour durable : soit il y a acceptation que l’amour passion passe en mode ocytocine, soit il y a renoncement car certains personnes préfèrent la passion à un attachement plus sécure. Elles vont continuer à courir après la soi-disant bonne personne ou s’arranger pour faire vivre la passion au sein de leur couple, avec le désir assorti du manque en créant une relation fuis moi, je te suis, note Véronique Kohn. « Pour que la relation s’installe dans le temps, il faut accepter le changement, le contact au réel qui consiste à faire redescendre l’autre de son piédestal. Il faut aussi accepter les rugosités du quotidien, les défauts, les heurts, les frictions liées aux différences de valeurs, entre les individus. C’est tout le travail du couple durable », ajoute Véronique Kohn !

 

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