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  • Ce vendredi, c’est la fête des amoureux. Mais pour les célibataires, c’est peut-être aussi l’occasion de tenter de trouver l’amour sur les sites de rencontres.
  • Et pour les plus de 50 ans, il y a le choix entre des applis généralistes et des applis dédiées aux rencontres pour les quinquas et plus.

A l’approche de la Saint-Valentin, nombreux sont ceux qui aimeraient que Cupidon décoche une flèche pour les aider à trouver la personne qui fera battre leur cœur. Et parce qu’il n’y a pas d’âge pour souffrir du célibat, des applis ont vu le jour spécifiquement pour les plus de 50 ans en quête d’amour, à l’instar de  Disons DemainLumen ou encore Club 50 Plus. Et quel que soit son âge, plans galères et belles surprises peuvent être au rendez-vous.

Alors, des applis pour quinquas et plus, pour quoi faire ? Pourquoi ne pas se contenter des – très nombreuses – applis déjà existantes ? Parce qu’il y a un marché à conquérir pardi ! Avec plus de neuf millions de célibataires de plus de 50 ans rien qu’en France, ce n’était qu’une question de temps avant que des esprits entrepreneurs ne s’emparent de cette niche pour en faire un business florissant.

Un « dénominateur commun » pour des « rencontres de qualité »

Poids lourd du secteur, Meetic a lancé Disons Demain il y a trois ans. « Meetic est le leader du marché français des sites de rencontres, et Disons Demain est né d’un constat : les sites et applis de rencontres s’adressaient aux jeunes et les plus de 50 ans étaient les grands oubliés du marché de la rencontre, explique Héloïse Des Monstiers, directrice France du groupe Meetic. Or, en France, il y a 25 millions de célibataires, dont un tiers qui a plus de 50 ans. Ces célibataires-là n’ont pas forcément envie de dater sur les mêmes sites de rencontres que leurs enfants. Et leurs attentes ne sont pas les mêmes, poursuit-elle. Il faut prendre en compte leur parcours de vie : certains sont divorcés avec des enfants, d’autres sont veufs, d’autres encore n’ont jamais été mariés, certains sont retraités, d’autres encore dans la vie active. Il n’y a pas un profil homogène de célibataire de plus de 50 ans ! »

Et puisque les profils sont si variés, la clé, « c’était de trouver le dénominateur commun : ce sont des célibataires qui veulent arriver rapidement à une rencontre, qui croient majoritairement au grand amour, veulent se mettre en couple sans nécessairement vivre sous le même toit, et avec quelqu’un qui ait les mêmes centres d’intérêt, décrypte Héloïse Des Monstiers. Le plus important est ici de partager de bons moments, d’avoir des goûts communs ». Une exigence dans laquelle se retrouve Béatrice. « Une amie m’a aidée à m’inscrire sur l’une de ces applis, raconte-t-elle. Et si on répond honnêtement au long questionnaire, les affinités que l’on peut découvrir chez les profils proposés sont vraiment là, parce que les goûts communs sont pris en compte », estime Béatrice, qui a fini « par trouver la personne qui me correspond ».

« Sortir de notre bulle »

Mais ce n’est pas toujours facile, quand on a déjà eu une longue expérience du couple, de chercher à nouveau l’amour, de surcroît via une appli ! A 50 ans et « après vingt ans de vie commune et une séparation », Philippe a tenté l’aventure : « Au début, on est perdu, on ne sait plus si on est capable de plaire, de séduire, ou même d’être simplement remarqué », confie-t-il. Mais, désireux de faire une belle rencontre, le quinqua a « rempli consciencieusement » son profil avant de se lancer. « Les débuts ont été laborieux, on envoie des messages, pour la plupart sans réponse, et un jour une personne vous témoigne de l’intérêt puis deux. Cela redonne confiance ». Pour le quinqua, « ces sites ont le mérite de nous faire sortir de notre bulle et de notre cercle de connaissances habituelles qui sont pour la majorité en couple. Pour ma part, ça a marché ! »

Même prénom et mêmes effets, après vingt-trois ans de mariage et un divorce, un autre Philippe a lui aussi « rencontré quelqu’un d’extra grâce à une appli. Sans cela, je serais toujours célibataire ! » Aujourd’hui, « les quinquas sont actifs, présents sur les réseaux sociaux, note  Véronique Kohn, psychothérapeute spécialiste des relations de couple et auteure de Quel(s) amoureux êtes-vous ? (éd Tchou). Ces applis répondent à un besoin, elles s’adressent à des célibataires dont le réseau s’est resserré, dont le cercle d’amis compte moins de célibataires et offre moins de possibilités de nouvelles rencontres, observe la psychothérapeute. Et comme leurs cadets, les plus de 50 ans s’emparent à leur tour de ce mode de rencontres, qui se banalise et devient naturel. Pour eux aussi, c’est rentré dans les mœurs ».

Des célibataires plus exigeants

Et même chez les plus de 70 ans, les applis de rencontres se sont imposées. Quittée par son mari pour une femme plus jeune après cinquante ans de mariage, Claudine a voulu tromper sa solitude « sur un site pour seniors », mais pas à n’importe quel prix. Elle voulait rencontrer quelqu’un qui ait la même vision de la vie qu’elle. « Après quelques échanges infructueux, j’ai rencontré le bon : même âge, même milieu social, même niveau d’études. Nous nous sommes plu au premier regard, se souvient-elle. Après deux ans de relation, chacun vit chez soi, mais nous sommes toujours ensemble et amoureux, nous nous voyons régulièrement et organisons nos loisirs ensemble ».

Un « match » réussi pour Claudine. « A ce moment-là de sa vie, on connaît ses attentes, et bien que la rencontre ait d’abord lieu en ligne, on se rend compte que les critères que l’on pose restent les mêmes : on veut rencontrer quelqu’un qui ait le même statut social, qui adhère aux mêmes valeurs et qui ait des centres d’intérêt communs », résume Véronique Kohn. Les applis ciblant les quinquas et plus s’adresseraient-elles donc à des célibataires plus exigeants ? « Oui, beaucoup ont déjà eu une vie avant et ont aujourd’hui une vie bien remplie, et veulent se remettre en couple sans chambouler toute leur vie pour autant », confirme Héloïse Des Monstiers, directrice de Disons Demain. Et trois ans après sa création, le site de rencontres a trouvé son public, il compte à ce jour 1,3 million d’incrits, dont 52 % de femmes et 48 % d’hommes.

« Savoir persévérer »

Catherine, elle, n’a pas eu la même chance. A 53 ans, « plutôt jolie et intéressante », elle a fait « de jolies rencontres », mais a « définitivement arrêté de chercher l’amour sur Internet », estimant que pour les hommes inscrits sur ces applis, « finalement, tout tourne autour du sexe, encore et toujours ». Comme elle, Sylvie confirme que « cette approche ne [lui] convient pas. Se faire une idée à partir d’une photo et de quelques messages est très piégeux. Et pour moi comme pour mes copines, l’expérience est la même : une collection de lapins et de coups d’un soir, jusqu’à fermeture de notre compte ».

Pour la spécialiste du couple Véronique Kohn, « il faut aussi avoir conscience de ce que l’on peut attendre des applis de rencontres, et de leurs limites. Comme dans « la vraie vie », on ne rencontre pas la bonne personne du premier coup. Beaucoup de patientes me confient s’être désinscrites après deux ou trois rendez-vous non fructueux. Mais c’est comme un recrutement : si l’on veut faire la bonne rencontre, il faut savoir persévérer ! »