lien vers l’article https://www.aufeminin.com/vie-de-couple/sologamie-et-mariage-solo-se-dire-oui-a-soi-meme-toute-une-philosophie-s4024186.html

Sologamie et mariage solo : se dire oui à soi-même, toute une philosophie !
par Léa Lécuyer
créé le 22 avril 2021
Être en couple voire se marier avec soi-même, une drôle de lubie ? Un coup marketing pour influenceur.ceuse ? Pas du tout : la sologamie et le mariage solo ont un réel intérêt pour connaître le bonheur…

Sommaire
La sologamie qu’est-ce que c’est ?
La sologamie est-elle un modèle relationnel égoïste ?
Quand l’auto-mariage devient un mécanisme de défense
Pouvons-nous divorcer ou nous séparer de nous-même ?
Le mariage avec soi-même devrait-il devenir légal ?
Jeremstar a franchi le pas en 2017 et s’est marié à… lui-même. Au-delà d’un moyen de faire le buzz, il est devenu le premier homme en France à pratiquer l’auto-mariage, suivant les pas de l’Italienne Laura Mesi ou encore, de la Britannique Sophie Tanneur. Depuis plus d’une vingtaine d’années, les phénomènes de la sologamie et de l’auto-mariage prennent de l’ampleur dans le monde entier. Ouvrant la porte du mariage aux célibataires, ces philosophies de vie sont loin d’être égoïstes et doivent être prises au sérieux. La sologamie et l’automariage pourraient en effet soigner certaines blessures, mais aussi, éviter le déni de nos problèmes affectifs…

La sologamie qu’est-ce que c’est ?
Mouvement redécouvert grâce à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe, la sologamie est l’art de s’épanouir sans dépendre de l’autre pour vivre dans le bonheur. Ce mouvement s’étend à travers le monde depuis les années 90. Tournant le dos à la vie de couple et au mariage traditionnel, la sologamie est une philosophie de vie qui vise l’autonomisation.
La sologamie est-elle un modèle relationnel égoïste ?

À l’ère du selfie et du partage permanent de notre image sur les réseaux sociaux, la popularisation de la sologamie vient-elle nourrir une forme d’égoïsme et de narcissisme ? Non, car le narcissisme n’existe pas dans la sologamie. En effet, dans ce modèle relationnel, nous ne vivons pas au travers de la perception des autres et de notre amour pour notre aspect physique. Le narcissisme est à l’opposé de la sologamie, étant donné qu’une personne ayant ce trait de caractère cherche à garder d’excellentes relations avec les autres, notamment en amour. Véronique Kohn, psychologue, psychothérapeute, conférencière et autrice le confirme : la sologamie n’est pas non plus une question d’égoïsme. C’est au contraire un choix de ne pas entrer dans une relation amoureuse souvent fait dans le cadre d’une période temporaire donnée. Le plus souvent, selon la psychothérapeute, durant un temps court, l’objectif de ne pas entrer en relation étant de consolider son “moi” : se reconstruire après une rupture douloureuse, des relations compliquées… Le problème de la vanité ne se pose donc pas.
Souvent, la décision de devenir sologame, de manière temporaire ou plus définitive, est causée par une douleur affective. « Si ce choix est fait pour une période définitive, il faut se demander si cela n’est pas dû à une blessure du passé. Dans ce cas, ce serait carrément un évitement de la relation par peur de souffrir », explique Véronique Kohn. Rupture, trahison voire humiliation ou violences seraient les causes de ces blessures. Ainsi, la sologamie serait un moyen pour beaucoup de célibataires de s’enfermer dans une bulle et de se modeler une carapace pour se protéger, par peur que l’on les blesse à nouveau. Le risque pour notre spécialiste serait donc de s’habituer à faire les choses seul.e est ne plus être en capacité de se confronter à la relation amoureuse

Quand l’auto-mariage devient un mécanisme de défense
Avant de sauter le pas, voici quelques questions à se poser. Mon envie d’auto-mariage est-elle la conséquence d’un parcours sentimental chaotique ? En effet, combien d’entre-nous ont déjà été blessé.es et ont eu du mal à se remettre d’une rupture douloureuse ? Entre les tromperies, la manipulation ou autres formes de blessures, nombre de célibataires se complaîsent dans la solitude après avoir vécu une expérience chaotique de l’amour. “Souvent, les gens qui choisissent cette option ont souffert dans une relation amoureuse, qui ont une dépendance affective ou une rupture et ne veulent plus souffrir en se construisant dans la solitude”, nous apprend la psychothérapeute.

Autre question, peut-on se marier à soi-même alors que l’on manque de confiance en nous ? D’après une étude réalisée par OpinionWay et l’institut Solidaris pour le groupe MGEN, l’indice de l’image de soi baisse chez les Français.e.s, passant de 49,3 en 2019 à 48,6 en 2020. Alors que le narcissisme ou l’égoïsme ne font aucunement partie du modèle de la sologamie, pouvons-nous pour autant sauter le pas du mariage avec soi-même si l’on n’a pas confiance en nous ? Pour Véronique Kohn, oui, on peut s’auto-marier quand on n’a pas confiance en soi, puisqu’il s’agit-là de rituels symboliques, mais en comprenant bien qu’ils sont significatifs d’une désillusion ou une anticipation de la souffrance. En cela, l’experte explique que l’auto-mariage pourrait ne pas être une mauvaise chose s’il est fait de manière à marquer la fin d’une dépendance affective. Mais elle nous met en garde à ne pas en rester là de sa réflexion : “Il faut que cela reste un moment symbolique dans une période de la vie pour pouvoir passer à autre chose.”