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L’amitié est un sujet très important, dans la vie de chacun. Certaines amitiés seront de passages, et d’autre pour la vie. Et les amitiés filles-garçons ne doivent pas être négligées chez les petits.
SOMMAIRE
L’amitié fille/garçon pour réduire les stéréotypes de gens
Une séparation vers l’âge de cinq ans
Ne plus avoir peur de l’autre sexe et de l’autre en général
Le rôle du système éducatif
Des amitiés solides
Et la séduction ?
L’amitié est un sentiment fort et puissant. Des personnes le trouvent même plus puissant que l’amour. Pourtant, comme tous les sentiments, il est complexe. C’est le cas de l’amitié fille-garçon. Certains y croient, d’autres pas. Pourtant, selon deux psychologues, Véronique Konh, et Anne Vachez-Gatecel, il est très important de favoriser ce type de relations chez les enfants.

L’amitié fille/garçon pour réduire les stéréotypes de gens
Même si aujourd’hui, la tendance à “lisser” les genres est de plus en plus présente, certaines idées reçues ont la peau dure. Les filles doivent être douces, belles, sages, et les garçons forts, et ne pas montrer leurs émotions. Si ces clichés semblent un peu dépassés, ils persistent néanmoins dans l’esprit de certaines personnes. D’après Véronique Kohn : “Cela dépend des familles, mais il arrive qu’on traite différemment les filles et les garçons. Des enquêtes montrent que même si ce n’est pas conscient, on ne les éduque pas de la même manière. Parfois, sans s’en rendre compte, on inculque aux enfants une morale du bien et du mal : ça, c’est bien pour une fille, ça c’est bien pour un garçon.”. En perpétuant les stéréotypes de genre, parfois sans le vouloir, on perpétue également les différences liées au genre. L’experte explique : “Si les éducateurs et les parents veillent à ce que les liens entre les filles et les garçons soient sains, qu’ils se mélangent, on va être beaucoup plus à même d’être dans cette liberté du genre. Je suis une fille, mais ça ne m’empêche pas de préférer des trucs dits “de garçons””. Selon elle, la question du lissage des genres est d’ailleurs d’actualité : “Aujourd’hui, beaucoup de personnes souhaitent ne plus s’identifier au genre féminin ou masculin”.

Une séparation vers l’âge de cinq ans
Il arrive aussi qu’aux alentours de cinq à sept ans, les filles et les garçons ne veuillent plus du tout se mélanger. En effet, c’est vers ces âges-là qu’ils prennent conscience du genre. Comme l’explique Anne Gatecel “Les filles préfèrent rester entre elles, car elles trouvent les garçons stupides, et cela est réciproque. Ils ne partagent plus les mêmes jeux et ont besoin d’appartenir à des clans. Cette différence des genres n’est pas tant véhiculée par la société : elle rassure les enfants en terme identificatoire. Les garçons jouent au foot ou à la bagarre et les filles inventent des histoires. Seuls les jeux comme les cache-cache ou les jeux de balle aux prisonniers sont mixtes dans la cour de récréation ». Il s’agit donc d’une séparation plutôt “naturelle”. Véronique Konh explique que celle-ci peut également être éducationnelle, car filles et garçons ne reçoivent pas les mêmes injonctions : « On ne leur présente pas les mêmes jeux, on ne les habille pas pareil ». De plus, comme elle le précise, c’est aux alentours de cinq ans que l’on commence à comprendre les règles liées à la société.

Ne plus avoir peur de l’autre sexe et de l’autre en général
La psychologue affirme : “Si on laisse spontanément les filles et les garçons aller les uns vers les autres, ils vont se fréquenter et être au courant des habitudes de chacun. C’est important qu’ils fassent des jeux ou des activités où les filles parlent des garçons et inversement. Cela permettrait d’avoir un représentation de l’autre sexe plus simplifiée et moins alambiquée”. De manière plus large, favoriser les amitiés filles-garçons inciteraient les enfants à aller vers un autre, qui est différent de soi. Pour Anne Vachez-Gatecel, cela favoriserait l’ouverture d’esprit : “Ça peut faire peur d’aller vers l’autre ! Mais si on favorise ces amitiés, d’une manière générale, cela tend à réduire la peur de l’autre, de l’autre culture etc… de s’éloigner d’un communautarisme ! Les échanges sociaux qui se construisent chez les tout-petits sont très importants ! Il faut aller vers la connaissance de l’autre, s’ouvrir à autre que soi-même”.

Le rôle du système éducatif
L’école et le système éducatif ont leur rôle à jouer. Car l’école est le lieu où les enfants issus de divers horizons se côtoient. C’est donc un endroit où les enfants doivent être incités à aller vers les autres. Selon Anne Vachez-Gatecel : “Dans les écoles, c’est bien de faire des activités avec des mélanges de genre. Que ce soit des activités sportives ou artistiques, je trouve que cela permet de découvrir le monde avec toute sa complexité et sa différence. C’est découvrir la vie”. Pour son homologue : “Ce serait bien que les équipes pédagogiques, et les institutions au niveau national prennent soin de créer des exercices avec des consignes pour que les groupes se mélangent. On a beau vouloir lisser les identités en ce moment, il y a quand même des différences biologiques. Ce serait intéressant que les éducateurs se saisissent du sujet pour apprendre à chacun des choses sur l’autre sexe. Cela évitera qu’ils fantasment plus tard sur des normes sociales totalement fausses”.

Des amitiés solides
Au-delà des questions de genre, de tolérance et d’ouverture d’esprit, les relations amicales restent des liens très importants, dans le développement de l’enfant, mais aussi dans la vie de tous. Et même si elles sont parfois controversées, les amitiés filles-garçons peuvent se révéler très solides. Un des points très important, c’est qu’entre personnes de sexes opposés, il y a beaucoup moins de rivalité. Anne Vachez-Gatecel explique : “Chez les filles, il peut y avoir des rivalités quant à la manière de s’habiller etc.. et chez les garçons, des rivalités sur la force et la puissance. Cependant, une fille et un garçon ne vont pas se comparer. Ils seront plus dans la complémentarité, et dans l’envie de faire des choses ensemble”. Chez les enfants, la question du genre n’est d’ailleurs pas toujours primordiale. Ils vont plutôt aller vers des personnes avec qui ils vont avoir des choses à partager : “On voit dès la grande section des amitiés très touchantes. Au-delà de la question du genre, c’est surtout une question d’affinité. Cela passe par l’émotion, les jeux, les rires… C’est vraiment ça qui représente une richesse pour l’enfant”.

Et la séduction ?
Souvent, dans les amitiés filles-garçons, se pose la question de la séduction. C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup de personnes n’y croient pas. Pourtant, les deux psychologues sont unanimes sur le fait que chez les enfants, elle n’entre pas en jeu. Anne Vachez-Gatecel affirme : “La séduction est une histoire d’adolescents et d’adultes. Cela n’empêche pas une amitié fille-garçon de perdurer longtemps. Ils ont souvent de très bons souvenirs ensemble”. L’autre experte prend également la parole sur cette interrogation : “Il y a deux cas de figure. Certaines amitiés filles-garçons resteront à jamais. D’autres vont passer aux oubliettes ou se transformer en histoire d’amour. Mais chaque cas est unique, car chaque individu est différent”. L’amitié fille-garçon est donc possible ! Et même à favoriser chez les enfants. D’autant plus que, comme le dit Véronique Kohn : “Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain”. Alors rêvons d’un monde fait d’amitié et de tolérance.

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