séduction-timide

Oui, il faut oser la rencontre et ce des deux côtés, autant pour l’homme que pour la femme.
Si on pense à la rencontre amoureuse, on imagine facilement l’homme en capacité d’oser, comme si sa partition était toute prête.

La femme, dans son rôle plus passif, apparaît comme moins active sur la voie de la séduction directe..
Ne dit-on pas l’homme propose la femme dispose ?

L’actualité remet sur la sellette cette question cruciale de la séduction, en dénonçant les hommes usant du pouvoir d’abus sur la femme concernant le harcèlement sexuel.

Nous sommes donc sommés de revisiter les rôles respectifs des archétypes liés au genre.

La période à venir laisse présager d’un nouvel ordre amoureux, où l’homme et la femme proposent et disposent, réveil d’une mentalité qui se transforme sur pied d’égalité.

C’est effectivement une question culturelle.

Deux millions d’histoire, qui remontent aux premières sociétés où l’archétype de la femme est liquide, celui de l’homme le feu, la guerre (* Françoise Héritier Masculin/féminin).

L’homme est donc enfermé dans une catégorie de séducteur et la femme dans celle qui lui résiste, il s’est habitué à penser que sa résistance est de ne pas montrer son désir immédiatement, d’où certains malentendus sur le oui, le non, sur la question d’affirmer son désir face à l’autre sexe.

En fait, certaines études américaines sur les comportements de séduction insistent sur le fait que la femme n’est pas complètement passive si elle n’aborde pas directement l’homme qui lui plait, même si elle attend de se faire accoster, elle émet des signes non verbaux comme le sourire, passer la main dans les cheveux, découvrir son cou, incliner sa tête. A partir de 15 ans, elle apprend à émettre des signaux à l’homme. Amusant à partir de 13 ans, les garçons font les durs, ne sourient plus pour séduire, ça fait niais, alors que les filles vont sourire de plus en plus..
Evidemment cela restera toujours moins directe comme stratégie d’approche que celle de l’homme. C’est encore lui qui le plus souvent aborde la femme en premier.

On voit donc apparaître sur la scène du nouveau monde amoureux, des femmes qui modélisent les comportements masculins, prennent plus d’initiatives à oser séduire directement, qui prennent aussi le risque de se faire traiter de tous les noms, puisque sortir des catégories remet en question l’ordre établi.

Ces changements sur les rôles de séduction directs vont se réguler mais celà va prendre du temps. On ne sort pas de codes empruntés depuis si longtemps en un clin d’œil.

Pourquoi certains d’entre nous déploient-ils tant d’énergie pour rencontrer ?

Alors que d’autres attendent que le hasard les surprenne, sans y voir une priorité ?

Y a-t-il une frange de la population en quête de besoins affectifs et sexuels, qui sont ceux que l’on retrouvent actifs sur les sites de rencontre, de sorties en tout genre pour multiplier les opportunités, alors que d’autres sont orientés sur d’autres priorités de vie comme la quête de pouvoir, la reconnaissance sociale, la quête de savoir, un idéal humaniste, religieux ou social, mais pas la quête amoureuse.

Pour eux la question de rencontrer ne les stimule pas plus que ça.

De nouveau, cette question qui taraude : pourquoi certains sont-ils addicts à l’état amoureux ou à la conquête amoureuse ?

Pour répondre à nos envies de rencontre dans une société où nous manquons de temps pour sortir, où l’idée de pouvoir tout avoir sans se déplacer a germé juste en cliquant sur notre ordinateur, l’arrivée des sites de rencontre a conquis beaucoup d’entre nous.

Remplaçant les agences matrimoniales qui, elles ont disparues, notre entourage amoureux ose de plus en plus s’inscrire sur site, c’est même main courante, TINDER, MEETIC, OK CUPID, ADOPTE UN MEC.COM, et d’autres sites sont usités par le grand public.

En même temps, ce fulgurant succès des sites interroge n’est-ce pas ? Il traduit quoi ?

Ets-ce une envie de « consommer sans attendre », de ne pas rester seul dès que la relation bat de l’aile, de croire que l’on peut tout avoir en restant chez soi avec l’article dans le panier ? Un voyage exotique au pays du sexe et de la relation avec une folle envie de toucher à tout, de ne se priver de rien !

Une quête de l’âme sœur ? Un besoin de se rassurer sur sa capacité de séduction ? Combler un sentiment d’ennui, un manque de stimulations ? Y a t-il une corrélation avec notre époque qui cherche à satisfaire le Moi individuel en faisant croire que plus il génère des expériences nouvelles et exotiques et plus il sera riche et comblé ?

Des sites qui se précisent et répondent à un marché toujours plus large, comme par exemple des sites pour les infidèles mariés « top confidentiel », des sites de rencontre pour une sexualité augmentée.., des sites pour homos, trans et toute la diversité de la faune amoureuse actuelle.

Au départ le cliché portait sur des hommes ou femmes (mais surtout des hommes) qui utilisent les sites en tant que consommateurs sexuels, alors que les femmes y vont pour chercher un partenaire pour la vie. De fait, et comme souvent les clichés ne sont pas représentatifs, aujourd’hui la plupart s’inscrivent pour faire comme tout le monde, parce que nous sommes habitués à faire des clics sur notre ordinateur pour un oui ou un non. Devenu usuel en quelques années, cette stratégie de rencontre en dit long sur l’évolution du monde amoureux.

On pourrait voir un slogan comme : « il y en a marre d’attendre le prince charmant » dit une femme, je n’ai pas de temps à perdre, j’ai le droit au bonheur ! JE VEUX ! : Un mec, un enfant, un amant, un beau, un riche, un ambitieux, un qui n’est pas comme le dernier échec amoureux subi… Ou encore, pour un homme : « allons voir les photos si je trouve des femmes féminines, belles, désirables » que je pourrais désirer et plus si affinités…

En même temps, un des avantages des sites, c’est que pour les plus timides, oser la rencontre à distance est plus simple, moins redouté qu’en face à face, derrière un écran, j’ai le sentiment de moins me dévoiler, de moins réveler mes états émotionnels, j’ai du temps pour réfléchir aux réponses, pour fabriquer un profil attrayant. Ce qui amène certains à ne pas se prêter au jeu des sites de rencontre, pour ne pas être déçu des impostures, des photos rajeunies, des paroles édulcorées…

Réfléchir à nos stratégies de rencontre devraient à mon avis être présentes à nos esprits, lorsque nous décidons de partir à la rencontre amoureuse .. mettre un peu plus de conscience dans nos gestes, pas pour faire différemment mais juste pour percevoir la racine du mouvement qui nous met en tension dans le geste de séduction.

Nos choix de stratégies parlent de notre personnalité, de nos goûts, de nos facilités, de nos peurs.

Je préfère passer par un site ? Oui, pourquoi? Non, pourquoi? Les sorties entre amis ? Les boîtes de nuit ? Ne pas se mettre en recherche et attendre une rencontre spontanée ?

Séduire est en lien avec le narcissisme primaire, et l’hypothèse inhérente au manque de narcissisme serait de dire que les grands séducteurs (trices) ont manqués d’attention enfant, ou l’attention n’était pas directement sur eux, grands, ils cherchent la focalisation de l’attention dans le total regard de l’autre, pour rehausser leur valeur, si je te plais, alors je me plais…

Si j’ai manqué d’attention dans mon enfance, soit je pars battu d’avance et je n’ose pas séduire car je crois que cela ne servira à rien, soit au contraire j’y vais toujours et encore car dès qu’une personne prend l’air de s’intéresser à moi, je ressuscite. Vive la séduction diront-ils…

C’est pour cela, qu’il s’agit d’être attentif au lien entre le narcissisme et la capacité d’oser ou pas la rencontre. Par exemple, ceux qui aiment séduire seront prêts à tout, incluant les sites, toutes les stratégies sont bonnes, ceux qui ont peur ou les désabusés prétexteront que les sites ne permettent que des rencontres bas de gamme. Et ceux qui sont plus stables, utiliseront de temps à autre des stratégies sans en attendre trop.

Alors séduit-on d’abord pour soi ou pour établir un véritable lien avec autrui ?
Est-ce possible de s’intéresser vraiment à un autre que soi ?

Pour ceux qui ont du mal à oser la rencontre, les timides, les craintifs, les sensibles au rejet, ce paragraphe est pour vous…

Oser la rencontre :
Ce qui devrait être fonctionnel ne l’est pas pour vous.
Si vous vous sentez seul et que vous avez envie de rencontrer un futur amoureux(se), vous devriez idéalement vous fixer cet objectif comme n’importe quel autre objectif et décider d’une stratégie à mettre en face pour y arriver.
Fonctionnel me direz-vous ? Oui. Parce que c’est lorsque l’on se détache des enjeux et des émotions à gogo que l’on est le plus efficace.
Ce qui peut paraître froid au premier abord n’est-ce pas ?
Vous pourriez me rétorquer que nous sommes déjà dans une ère si consommatrice, que gérer sa vie amoureuse comme un chef d’entreprise est en contradiction avec l’amour.

Mais au fond pourquoi pas si vraiment on a envie au plus profond de nous de rencontrer une nouvelle personne ?
Je distingue la stratégie pour obtenir plus de chaleur, plus de douceur par le biais de la relation amoureuse dans nos vies de la qualité relationnelle qui se met en place entre deux êtres.

Si je rentre dans une dynamique orientée vers la solution, je peux le temps d’un moment, investir une partie de moi proactive. Cette partie est comme un animal qui serait un chasseur, un prédateur (et oui !) qui serait entraîné à cibler et à aller vers sa proie. Avec jubilation…

Quelle horreur me direz-vous, considérez un être humain comme une proie !

C’est exactement ce que l’on reproche en ce moment en particulier aux hommes harceleurs sexuellement.

Et pourtant, si on sait pertinemment que l’on n’est pas que le chasseur qui part rencontrer, que c’est juste un jeu pour recruter un amoureux on peut rencontrer cette partie de nous, la découvrir, la faire vivre même, en s’amusant beaucoup. L’investir totalement au moment où on est en soirée et que l’on a vu une personne qui nous attire, ou le jour où on se décide de mettre son profil sur site etc…

Nous avons en commun un cerveau commun avec les mammifères, nous sommes aussi des chasseurs en herbe, autant le reconnaître, alors autant l’accepter et l’utiliser à bon escient.

Notamment lorsque l’on a décidé d’aller vers.. vers une ou des rencontres qui permettent aussi d’étoffer son tissu amical au cas où la rencontre amoureuse n’aboutisse pas.

C’est comme pour un objectif commercial, pour n’importe quelle tâche qui demande de l’énergie. La polarité Yang nous met en contact avec notre puissance, d’aller droit devant dans une direction, c’est de cette polarité qui se vit en chacun de nous dont je parle.

Quand j’admets une fois pour toute que je suis tout, que je peux être un être Yang, un ou une chasseuse, et très Yin, un être très émotionnel, très empathique aussi, alors je ne juge pas l’une ou l’autre de ces polarités, elles ont à être investies à certains moments, plus j’agrandis ma palette, plus je gagne en richesse et en joie d’être toutes les couleurs des formes d’énergie qui me constituent. Je joue autant quand je suis en contact avec ce « Je te veux, c’est toi et personne d’autre pour l’instant ! » que quand je suis ému ou touché par une parole ou par un geste sensible.

Pour ce faire, il faut aussi se débarrasser de certaines croyances totalement inhibitrices pour oser la stratégie d’aller vers. Sinon vous aurez beau vous prendre pour la déesse Vénus, Diane chasseresse, ou Apollon, vous risquez de démobiliser toute la puissance de l’énergie du chasseur.

Avec ce type de croyances :

  • Je ne peux pas plaire, je ne suis pas assez joli, beau, intéressant, intelligent,
  • Je ne mérite pas d’être aimé, personne ne peut vraiment m’aimer, on va vite découvrir que je suis un vilain canard.
  • Je vais me faire rejeter, j’en suis sûre et alors là .. le drame !
  • C’est sérieux une rencontre.. je vais peut être rencontrer l’âme sœur alors.

Un bon conseil : la croyance, je ne suis pas ok, je ne peux pas plaire est à transformer en son inverse :
Je suis aimable, même si j’ai des imperfections comme tout le monde, même si je n’ai pas la plastique de mannequin, ni l’érudition d’un intellectuel je suis confiant dans mon charme, ma singularité. A ce moment là, dans cette reconnaissance de l’adulte qui réevalue sa valeur intrinsèque la croyance initiale relâche.

La croyance je vais me faire rejeter sûr ! Est tout aussi parasite pour oser une rencontre. Même si je me suis déjà fait rejeter dans le passé, je peux me dire que le passé ne présage aucunement du futur. Mieux vaut se projeter dans un futur optimiste, comment ? En jouant, en arrêtant de prendre au sérieux l’affaire du rejet, de la honte, « du rateau » comme on dit à notre époque.

Que mon honneur soit sauf ! Plutôt éviter un rateau et rester assis sagement à attendre que l’on vienne me choisir.
Et bien, non, que les traumatisés du rejet se lèvent et commencent à choisir, à partir dans une direction en partant du principe que le rejet est normal après tout, et alors ? Si je tente une accroche, soit je suis accueilli soit pas, mais je prends le risque d’être accueilli par l’un de mes prochains au moins, Et si je suis rejeté, je réinvesti le personnage du chasseur, je vous rappelle que vous n’êtes pas une victime ni une proie, alors au boulot… !

La croyance qui consiste à prendre au sérieux la stratégie de la rencontre amoureuse, en appelant à l’univers son âme sœur, celui ou celle qui va devenir sa moitiés, son complémentaire… Déjà cette croyance vous met dans une dynamique de tension incroyable surtout si vous êtes en quête d’engagement. Déjà vous établissez un schéma, vous construisez dans votre tête, rien ne s’est passé encore. Pouvez-vous être libre des enjeux au départ ?
Le but c’est juste de s’amuser à rencontrer des camarades de jeu, certains seront des partenaires amoureux, d’autres pas, certains pour une nuit, ou une soirée, d’autres pour du plus long terme, mais à priori vous n’en savez rien du tout.

Etre libre des enjeux, c’est d’abord et avant tout aimer la vie que vous menez sans amoureux, sans cette fameuse âme sœur, d’ailleurs au passage, il vaudrait mieux que vous passiez de l’âme sœur aux âmes sœurs au pluriel, ce qui vous faciliterait la tâche.

Vous seriez moins cristallisé sur une seule personne, comme on dit : un être me manque et tout est dépeuplé…

A connaître aussi pour développer un art de la séduction, les qualités importantes que l’autre doit posséder, selon des études en psychologie les femmes attendent d’un homme qu’il ait de l’humour, qu’il soit ambitieux, qu’il ait un désir d’enfant, ou qu’il aime les enfants, qu’il soit intelligent, le critère de beauté passe après, le désir d’enfant est un critère important manifestement.

Pour les hommes, la femme doit être féminine. Le critère de beauté est le critère majeur, le désir d’enfant d’une femme fait plutôt fuir les hommes surtout pour celles qui en ont déjà.

A savoir qu’il existe des les codes non verbaux significatifs au moment d’aborder :
Pour une femme, ce qui fonctionne bien c’est : « excuse moi de te déranger, j’arrive pas à remettre ma clé dans mon trousseau », puis elle génère un léger contact sur l’avant bras, ce contact augmente les chances d’une réponse positive, pareil pour l’homme s’il touche l’avant bras une seconde, ça marche plus que sans contact.
Idem pour le regard, si vous regardez un homme dans les yeux, il va vous trouver plus belle.

Une pupille dilatée pour les femmes augmentent les chances, est un signe de jeunesse. Toutes les photos sont retouchées, pupilles y compris aujourd’hui…

On observe que les hommes mentent sur leur métier pour plaire davantage, les femmes sur leur âge, postent des photos où elles sont plus jeunes.

Après en avoir appris un peu plus sur l’art de séduire, surtout si vous vous intéressez au sujet vous pouvez développer un véritable savoir faire, il y a tant de techniques à connaître, l’art de l’élocution surtout en France où la parole est appréciée, l’art du toucher dans des pays où la dimension du toucher est plus plébiscitée que la parole, l’art du massage, l’art de la danse à deux, tango, salsa, valses, et plus vous pratiquerez plus vous deviendrez un as, les codes s’apprennent.

Puis lâchez tout, et partez à la rencontre si cela vous tente sans en faire une mission, un objectif à atteindre, juste avec votre style propre…

Utilisez votre polarité Yang pour aller vers, votre polarité Yin pour autoriser la sensibilité…

Parfois vous êtes actif, vous mettez « le paquet » dans une stratégie de rencontre et ça marche, vous rencontrez et parfois, vous avez beau vous remuer, rien ne vient, ça ne veut rien dire, arrêtez d’interpréter, de vous culpabiliser, et d’envier ceux qui ont l’air heureux, c’est le jeu des apparences, ne tombez pas dans ce piège illusoire, on est tous à la même enseigne, laissez les mouvements de la vie, faites de votre mieux avec les manques et les espoirs..

Véronique Kohn, Le 12 février 2018