Un autre profil amoureux que je souhaite présenter : l’alpha ou encore le contrôlant ou le dominant en amour.

alpha

Chaque profil amoureux définit des traits particulier, vous pouvez très bien vous reconnaître dans plusieurs profils à la fois, même si vous avez des traits dominants dans l’un des 5 profils amoureux.

J’ai déjà présenté celui des altruistes, de ceux qui aiment trop, des clivés, des scindés sexe/coeur, et des frileux : les évitants émotionnels.

L’alpha est le quatrième des cinq profils qui a ses particularités, avec ses avantages et ses inconvénients.

L’interêt de repérer ces traits vous permet d’accueillir avec bienveillance ce qui vous caractérise car vous n’êtes pas responsable de sentir, de penser et d’agir en alpha, et aussi d’aimer un compagnon alpha comme il est si vous êtes en couple.

Il s’agit ici de comportements liés aux traces des blessures de l’enfance. Les traits de ce portrait robot de l’alpha par exemple, sont des traits liés à un mode de survie, une façon qu’à eu l’enfant très jeune de s’adapter pour survivre dans l’environnement où il se trouvait.

Voici maintenant le descriptif de l’alpha.

Pour l’alpha, deux camps s’opposent : celui des forts et celui des faibles. Je vous laisse deviner de quel camp il a choisi de faire partie ! Ce profil a avant tout besoin de dominer, de sentir que c’est lui qui a le contrôle. Il associe la vulnérabilité à de la faiblesse, et lutte contre la sienne, ce qui le prive de compassion vis à vis de lui-même. Son leitmotiv ? « Je ne dois pas céder, je dois assurer comme un bon soldat, quitte à ce que mort s’ensuive ». L’alpha passe le plus clair de son temps à éviter de flirter avec ses émotions car pour lui, tout ce qui y ressemble s’apparente à de la faiblesse. Ainsi, il se fixe des objectifs de réussite, et cherche à contrôler les autres pour accroitre son pouvoir. Mais le pouvoir sans la reconnaissance de tous n’a pas grand intérêt, il lui faut être admiré.

Il apparaît souvent comme excessif, enthousiaste et énergique. Chez lui, c’est tout ou rien : même si il a le sentiment que quelque chose est dangereux, il fonce d’abord et réfléchit ensuite, car il aime l’action par dessus tout. Son agenda est en général overbooké, il dort peu et ne s’écoute pas. Il considère la vie comme un éternel combat. Sa compulsion est d’éviter la faiblesse, à tout prix.

Etre fort c’est aussi méconnaitre le danger, il a tendance à le nier , il l’affronte d’abord, et réfléchit ensuite, parce que son attention porte d’abord sur sa capacité de contrôle, et sur les moyens dont il dispose pour l’obtenir. Il a tendance à être impulsif, à partir dans les excès : il est dirigé par ce qu’on appelle le centre instinctivo-moteur : « ça part des tripes », comme on dit dans le langage courant.

Courageux, voire héroïque, assertif, et sûr de lui, l’alpha aime protéger les plus faibles. Il cherche à renforcer son sentiment de puissance : il peut secourir parce qu’il est fort. Côté défauts, il a du mal à accepter les points de vue différents du sien. Le dominant est perçu comme agressif, autoritaire et cassant, voire, pour les pires d’entre eux, comme impitoyables, tyranniques, et dictateurs. Il prétend savoir, est convaincu d’avoir raison, et cherche à contrer ceux qui s’opposent à lui. Mais il sait se faire apprécier en période de conflit ou de crise, grâce à sa capacité à trancher dans le vif et à décider dans l’urgence.

L’alpha n’est résolument pas convaincu que nous sommes des êtres interdépendants et que nous avons tous besoin les uns des autres : pour lui, dépendre est associé à une forme de vulnérabilité qui l’exposerait au risque de trahison. Chef dans l’âme, il peut être à la fois décideur, leader et possiblement manipulateur pour arriver au sommet. Au travail, il ne fait pas confiance, délègue mal, et préfère faire seul plutôt que de compter sur les autres, car il pense que ce sera mieux fait ainsi. Il peut devenir « dictateur », et n’hésitera pas à écraser ses congénères.

Cette structure masque une grande fragilité : la crainte d’être utilisé. La crainte de la trahison plane en permanence au dessus de lui. L’alpha se méfie de tout en permanence et imagine que s’il se laisse aller, il va se faire avoir, comme ça a été le cas dans son passé. Ce pouvoir qu’il aime tant lui permet de compenser sa faible estime de lui, sous son assurance de façade. Dans cette catégorie de personnalités, lorsqu’elle est pathologique, on retrouve les pervers narcissiques, les narcissiques, et les psychopathes. Même si le pervers Narcissique est très à la mode, rappelez vous toutefois qu’ils ne représentent qu’1, à 2 % de la population.

L’identité de l’alpha est basée sur la honte d’être petit, sans défense, trahi, manipulé, impuissant. Pour éviter de retomber dans ces sentiments d’impuissance, il fait le choix d’être fort et dans le contrôle. Il a besoin d’être reconnu, approuvé, aimé, et a besoin d’avoir du pouvoir et d’influence sur le plus de personnes possible, afin de maintenir cette reconnaissance. Compétitif, sûr de lui, l’alpha se doit de toujours maintenir l’image idéale de quelqu’un qui parvient à ses fins. Etre gagnant est sa priorité absolue : pour cela, il va trouver toutes les stratégies adéquates.

Il aime sentir la force et la puissance en lui, et déteste par-dessus tout être limité. Il s’est crée une image grandiose, celle d’un archétype fort et puissant : Hercule pour les hommes, Athena pour les femmes. Le désir sain de se dépasser est récupéré par l’alpha pour l’égo, sa compulsion et sa fierté à se surpasser est en lien avec l’engramme de cette structure de personnalité, ce qui renforce toujours plus son identité.

Plus il relève des challenges, plus il se sent fier d’être fort, et plus il va mal en définitive.

Il porte le masque assuré et souriant de celui qui assume ses responsabilités. Courageux et stoïque, il aime protéger les plus faibles, car cela lui permet de se sentir fort et puissant. Sa hantise est de ne plus être reconnu par les autres. Ce système de défense est mis en place pour assurer sa sécurité ; son orgueil et son ego surdimensionné sont au service de la peur.

Très préoccupé par son image, l’idée que personne ne peut deviner ce qui se passe en lui le rassure. Cette obsession qu’il porte à son image est à la hauteur du complexe d’infériorité qu’il cache en lui. Il a été contraint de dealer son vrai « moi » pour être accepté par le parent qui représentait son pilier de sécurité quand il était enfant. Donc se rapprocher de soi est pour lui synonyme de danger. Il est ainsi devenu un expert dans l’art de présenter une fausse image.

Intérieurement, il se vit comme un « comme un vilain petit canard », mais il le cache au monde extérieur en essayant de se convaincre qu’il fait partie du camp des gagnants. Comme il fait tout pour se le prouver et le prouver au monde entier, il lui est difficile d’admettre une faiblesse, à moins qu’elle lui permette de manipuler quelqu’un. Mais derrière le discours de façade, le contrôle est aux commandes.

Pour relationner avec un alpha, regardez déjà ce qui vous a séduit dans ce profil, il y a fort à penser que vous aimez la sécurité en ce moment, parce qu’il présente des qualités attrayantes pour quelqu’un qui se vit comme fragile de l’intérieur.

On peut faire un parallèle avec un chêne solide ou un roc, que ce soit un homme ou une femme d’ailleurs.

Cette fiabilité, cette force est caricaturale de l’archétype du masculin des chasseurs cueilleurs d’une époque révolue, qui permettaient aux femmes de s’occuper de leur progéniture pour préserver l’espèce.
C’est pourquoi instinctivement certains ou certaines peuvent être attirés par les attributs du masculin que présente l’alpha mais sans en être conscient.

Même pour une femme alpha, sa fonction de Mère protectrice est active, elle donne aussi une impression d’assumer, de gérer sa petite famille haut la main, d’être stable et fiable.

Mais dès lors que vous êtes inconsciemment attiré par un critère de sécurité chez votre partenaire c’est que vous lui confiez du pouvoir.

Lui ou elle représente la force intérieure qui vous échappe. Ou encore vous espérez trouver de la stabilité une fois pour toute en vous accrochant à un alpha, oubliant le principe de l’impermanence dans la vie, tout peut vous être retiré à tout moment, l’illusion d’un alpha dans votre vie pour toujours sur lequel vous pouvez compter vous permet de nier ce postulat existentiel..

D’où l’interêt de mettre de la conscience sur votre choix de compagnon, de quel endroit ça part de vous d’aimer un(e) alpha, espérant que vous puissiez trouver en vous ce que vous admirez chez lui, puis admettre que l’existence est par nature insécure.

Ce n’est pas en se posant dans des bras rassurants que cela va tout régler, même si cela vous détend l’espace d’un instant.

La détente profonde se fait dans l’acceptation de ce principe d’impermanence, alors continuez d’aimer votre alpha sans en être dupe…

Véronique Kohn, le 24 décembre 2017