Archive of ‘Articles’ category

L’amour en hiver

Un thème de saison !

photos-vadim-trunov-ecureuils

Après les amours estivales, voici venu le temps de l’amour en hiver.

Quand vous pensez à l’amour en hiver, vous visualisez de suite, la peau de bête en bas du lit, la couette bien épaisse, le feu dans la cheminée.
Ce cliché renvoie à une fantasmagorie érotique. L’hiver serait-il donc propice aussi à revivifier la vie amoureuse et sexuelle ?

Le froid engourdit le corps mais il le tonifie aussi. Rien n’est plus érotique qu’une épaule dévoilée sous un pull pour les amoureux, qu’un baiser langoureux près d’un chocolat chaud.

Les soirées les plus longues de l’année, ce sont bien entendu les soirées d’hiver. A peine 17h et il fait déjà nuit. Que faire alors ? Regarder la télé, rester scotché sur les réseaux sociaux ? Non. Se trouver un compagnon d’hiver, pour se blottir dans ses bras, se réchauffer à tous niveaux, nous sommes comme les mammifères, nous n’aimons pas être seul, nous aimons la compagnie, et sérieusement des études récentes issues des neuro-sciences démontrent que nous régulons notre système nerveux par le biais de bras aimants, enveloppants.

Ce temps d’hibernation prévue par la nature, permet de prendre du temps pour rester à l’intérieur.
Ce mot intérieur peut être vu de deux manières, premièrement : à l’intérieur de l’habitat, rester au chaud, se cocooner, ramener de la douceur, de la chaleur dans la relation, de la sensualité, et deuxièmement : revenir à l’intérieur de ses terres intimes, à ses profondeurs, de soi à soi.

Dans un rythme plus lent, l’occasion est présente pour revenir à l’être, à l’introspection, au goût de soi.
Précisément ce temps de retour à soi est fortement indiqué, si vous êtes célibataire, prenez-le comme une période idéale pour apprivoiser des temps de solitude pleins, rêvassez, reposez-vous, invitez ceux qui vous sont chers, et arrêtez de focaliser sur le manque, vous n’avez pas à vos côtés l’âme sœur, qu’à cela ne tienne ! Profitez-en pour devenir votre meilleur ami ! Apprenez l’amour de la Vie, l’amour des petits riens.
Si vous êtes en couple, profitez en aussi, Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, bloquez des temps dans vos agendas respectifs pour développer la fusion des corps et des cœurs.

Au lieu de partir au dehors investir sur des activités, investissez sur l’intimité, partez d’un « on ne fait rien à deux » et laissez venir ce qui vient.. On a de plus en plus besoin de ces temps de vide par opposition à notre culture sociétal où tout va très vite.
Si vraiment, vous allez dans le sens des rythmes des saisons, choisissez l’hiver pour faire vivre l’amour avec plus de densité, de soi, de l’autre. C’est peut être moins tout feu tout flamme mais l’énergie de l’intériorisation de l’hiver peut vous apporter un temps de mutation et une profondeur inégalée !

Mais creusons ensemble la spécificité de l’hiver :

La luminosité :
L’hiver c’est aussi la baisse de luminosité, il fait nuit plus tôt et jour plus tard, alors certains vont vivre des creux dépressifs, des difficultés à sortir du lit le matin, une fatigue plus grande.
C’est vraiment le moment d’augmenter les ressources ! Sinon votre humeur va suivre les aléas de la température extérieure, ne faites pas dépendre votre méteo interne de la météo externe !! Considérez que vous avez le pouvoir de mettre des petits coussinets dès que vous sentez le moral en chute, ramenez de la douceur pour vous. C’est dans un quotidien que chaque petit geste compte..

Le rythme de l’hiver est lent, notre chronobiologie devrait suivre ce rythme alors que nous continuons à nous agiter comme si de rien n’était bien souvent. Certains vont tenir compte de ce changement, se réfugier dans leur grotte comme un ours qui hiberne, d’autres vont au contraire manquer d’écoute de leurs besoins biologiques et continuer de courir dans tous les sens !
Comme toujours, est-ce possible de créer une zone d’équilibre ? Ni hiberner totalement et se couper du reste du monde, ni forcer l’organisme qui a davantage besoin de repos.
L’amour pour soi, c’est ne pas forcer, rester à l’écoute de notre petite voix intérieure qui nous guide, encore faut-il l’écouter, et pour l’écouter arrêter de trouver une valeur qu’aux désirs satisfaits dans le monde extérieur. Ces désirs sont alléatoires et nous mènent par le bout du nez, l’hiver est propice à se re-trouver.

Les fêtes de Noel:
L’hiver, c’est aussi la période des fêtes qui approche, Noêl et sa sempiternelle fête de famille.
De deux choses l’une, soit vous êtes issu d’une famille sans liens enchevêtrés et vous vous sentez libre d’y participer, soit vous vous sentez tenu d’y aller par obligation.
Ce qui ne revient pas du tout au même.
Ce qui va poser ici la question de l’amour filial. Si vraiment il y a amour, avons nous besoin de marchander la présence à nos enfants aux réunions familiales ?
Il est curieux de constater combien de parents exercent un chantage affectif à leurs enfants.
« Alors tu viens à Noel » ? Entendez si tu ne viens pas je t’en voudrais, tu es méchant si tu ne t’inscris pas dans mes attentes..
Et les enfants habitués à passer pour des méchantes personnes s’ils n’obéissent pas, vont en tant qu’adulte se sentir drôlement coupables s’ils ne répondent pas positivement.

Je vais en profiter pour parler du 4 ème commandement des lois de Moïse qui fondent notre morale judéo chrétienne : tu honoreras ton père et ta mère .

Tiré du catéchisme : Le quatrième commandement rappelle, aux enfants qui ont atteint la majorité, les responsabilités qu’ils ont envers leurs parents. Dans la mesure de leurs moyens, il leur faut porter aide matérielle et morale à leurs parents âgés ou malades, quand frappe la solitude ou l’abattement » (Catéchisme, 2218).
Ce commandement peut s’avérer complètement abusif et ce, notamment dans les familles toxiques, là où justement il n’a jamais été question d’amour.
Certains adultes revêtent des habits de parents dans des peux d’enfants immatures, ils exercent un lavage de cerveau à leurs enfants en leur faisant obéir à leurs diktats (pour leur plus grand bien)soi disant. Il est courant que la maltraitance et des manipulations en tous genre contribuent à semer le chaos dans la construction de ces enfants pris en otage.
Plus tard, ces enfants auront du mal à penser par eux mêmes, étant toujours embrouillés avec l’idée de faire du mal, ou avec la peur de se faire exclure de ce clan familial pourtant si peu aimant.
Les adultes qui mettent au monde un enfant n’ont pas à attendre de retour sur investissement, les enfants n’ont rien demandé. Ils n’ont pas à exercer un chantage manipulatoire sur la visite des enfants à Noel ni à d’autres moments, ni à leur demander quoi que ce soit. Ce rapport de pouvoir éternel sur les enfants est une incompréhension, chaque être est libre, et la culpabilité occasionnée par ce chantage est comme un fruit véreux.
Si l’enfant devenu grand, sent un élan, un désir d’aller vers pour fêter en famille, c’est qu’il se sent libre, sinon il y va pour faire plaisir, par contrainte, par devoir, pour honorer le 4 ème commandement, qui continue d’occasionner beaucoup de dégâts.
Cette soumission à l’autorité parentale, se pose ensuite partout, dans la vie sentimentale, dans la vie professionnelle avec la hiérarchie. Constamment balloté entre la soumission et la rébellion, ils oscillent de l’un à l’autre avec une forte pression de faire comme ou contre.
Et même s’il ne s’agit pas de se rendre chez ses parents pour Noel dans sa propre famille, vous pouvez être amenés à vous rendre dans la famille de la belle famille. Posez-vous la question, de nouveau vous sentez vous libre ? Faites le par amour ? Ou pour éviter un conflit ? Par conformisme ? Osez regarder en face d’où part votre décision. Vous n’êtes pas au clair, faites un bilan sur vous même, sur ce qu’est l’amour pour vous, pour les autres, de l’amour au service, au sacrifice, il n’y a qu’un pas.

Les fêtes de Noel c’est aussi pour certains un moment de grande solitude, avec des souvenirs d’enfance très rudes, et comme une date anniversaire, l’ancrage négatif remonte à la surface et crée une envie de s’isoler, d’enfouir cette mémoire de détresse.
Surtout quand l’énergie environnante est à la joie des préparatifs. Comment ne pas se comparer à ceux qui sont entourés ? Pour revenir à l’amour de soi, mieux vaut si c’est votre cas, éviter de vous comparer. Une grande source de souffrance consiste à vouloir ce qu’ont les autres. Pour s’en guérir, il faut cesser d’être son propre juge et arrêter de se comparer aux autres.

Les vacances au ski :
Où il est question de s’amuser, de se faire bien, vive les vacances comme on dit !
Sauf que certains n’ayant pas du tout d’entraînement sportif tout au long de l’année, vont se retrouver accidenté.. L’amour en hiver c’est aussi faire attention à sa santé, à ses rythmes, à soi, c’est ainsi que l’on pourra gouter les petits bonheurs à deux ou en famille !

Finalement, l’amour en hiver a un goût particulier, une saison pour se bichonner seul ou à deux, à élaborer des projets pour l’été, à maturer des projets professionnels qui nous ressembleront davantage, à prendre ce temps nécessaire pour aller dans nos terres intérieures, seul lieu possible de transformation, alors la pause comme vous le voyez s’impose.

Véronique Kohn le 10 décembre 2017

L’affirmation saine dans le couple

Avez-vous remarqué que certains d’entre nous ont de réelles difficultés à s’affirmer au sein de la relation amoureuse, alors que d’autres sont très à l’aise, voir au contraire auront tendance même à trop s’affirmer ?

Pourquoi la question de l’affirmation de soi est-elle importante à considérer au sein du couple et de la relation en général ? Parce que ce thème est relatif à notre capacité de poser nos frontières, de vivre des relations de manière saine c’est à dire de ne pas se retrouver en posture de victime ni de bourreau.

L’affirmation de soi, être assertif en anglais signifie : dire ce que l’on a dire sans fuir, sans manipuler ni agresser.
C’est une compétence qui se développe et c’est tout un apprentissage.
Un couple qui aurait tendance à ne jamais se disputer, à éviter soigneusement les conflits en omettant de dire tout ce qui dérange, serait tout autant dysfonctionnel qu’un couple qui se dispute tout le temps.
Se disputer tout le temps met à jour des rapports qui s’établissent sous la forme d’un « j’ai raison, t’as tort ! » avec un gagnant, un perdant.
Ne jamais se disputer est plutôt une recherche d’harmonie idéale avec le consensus comme stratégie gagnante. Mais les blessures restent en sous marin.

Notre plus grand désir est une relation d’altérité où la femme et l’homme célèbrent la parité, et non un échange entretenu sur des rapport de pouvoir. Malheureusement ces enjeux de pouvoir se jouent la plupart du temps, à notre insu.
Il n’est pas rare de voir dans le couple un craintif ou plus effacé qui a peur de s’affirmer.
Il prend le rôle du soumis, probablement parce qu’il a peur du rejet voir pire de perdre le lien.
Et un affirmé, qui se positionne, qui trouve toujours les arguments pour convaincre, définir, argumenter au nom de la morale (ou plutôt de la sienne), et prétend savoir pour l’autre ce qui est vrai, bon, juste…

Mais quelqu’un qui n’arrive pas à dire non, on dira de lui (ou d’elle) qu’il manque de caractère, ce qui à terme n’est pas seyant . Surtout pour une relation durable. Dire amen à tout, ne pas savoir dire non, jouer à celui qui arrondit les angles n’est pas la solution.
Ici c’est le côté systématique qui emprisonne. Si par moment celui qui a tendance à s’écraser peut basculer aussi dans l’affirmation, tout va bien. Mais c’est cette fixité du rôle qui est vraiment gênante.

Celui qui est dominant n’a pas besoin de faire 100 kilos pour prendre le dessus, ce n’est pas une question de force physique, c’est plus une question de confiance et soi et de personnalité contrôlante, ceux qui préfèrent faire partie du camp des forts que des faibles.
Si ce personnage affirmé ne rencontre personne en face pour lui résister, il va même jusqu’à créer des conflits avec des prétextes « bâteaux » pour tester la présence, allez « montre-toi » a t-il l’air de dire !
On pourrait imaginer que le dominant a toutes les chances, il est comme un lion qui sait rugir et être le roi de sa tribu mais en fait, non, s’il passe son temps à faire sa loi, il se retrouve triomphant et seul. Quand bien même en apparence, le couple a l’air d’aller bien, au fond le décalage rend le rapport de confiance instable entre eux. Le moins affirmé cache ses peurs secrètement, fait beaucoup d’effort d’adaptation, prend sur lui, et plus il agit ainsi, plus il perd crédit aux yeux de son partenaire.

Donc s’affirmer peut être salutaire pour celui qui est coincé dans le rôle du soumis et s’affirmer moins (contrôler moins) est tout autant salutaire pour celui qui est coincé dans le rôle du dominant.
L’équilibre demande une prise de conscience des rôles de chacun des deux, de cesser d’y rester figé, puis d’agrandir la palette de comportements.

Fait-on exprès d’être peu affirmé ou trop affirmé ?

Non, pas du tout.
C’est très important de le saisir avant d’incriminer l’un ou l’autre.
Si vous êtes une tierce personne observant un couple fonctionnant en mode domination/soumission, vous aurez peut être envie de prendre parti, d’avoir envie de dire au soumis de se réveiller, de s’énerver, de mettre un stop ferme, ou de juger le dominant, lui, si sûr de lui, d’être trop arrogant et de devenir plus empathe, de laisser de la place à son soi disant aimé..

C’est vrai qu’ils ont du certainement se dire au départ « je t’aime » et on peut se demander quelle est cette forme d’amour dans ces couples type chien et chat !

Que se passe-t-il pour celui qui ne s’affirme pas ?

En fait, il manque de confiance en lui, et passe généralement du mode soumis en mode rebelle.
En Analyse Transactionnelle, on dirait qu’il passe de son Enfant soumis -, à son Enfant rebelle – . Comme un schéma de répétition à l’âge adulte d’une autre époque, sur lequel l’enfant aurait été tenu de confier le pouvoir à l’adulte, en obéissant, en se faisant gentil.
Il va idéaliser en tout premier lieu son amoureux(se), le hisser sur un piedestal. (de la même manière qu’il a du idéaliser son parent, professeur, ou autre représentant de l’autorité.)
Au lieu de le remettre gentiment à sa juste place, il va continuer de l’admirer.
Il le perçoit comme quelqu’un de fort, de sûr de lui, et se voit lui (elle) comme moins..que lui. (quand je leur demande en consultation , il(elle) ne sait pas trop me dire quoi exactement mais c’est moins quelque chose..).

La personne aimée devient le pilier de sécurité. (même si elle est maltraitante)
La peur de l’abandon, ou encore de perdre la personne vue comme son support de sécurité renforce la soumission.
Evidemment c’est totalement faux d’un point de vue d’un adulte, mais n’oublions pas que la partie qui donne le pouvoir à l’autre est l’Enfant Soumis, c’est une partie de l’individu, qui vit, sent, agit comme si elle avait 4 ou 5 ans, voir moins.
Le soumis méconnait sa force d’affirmation et confie le pouvoir à l’autre.

Et voici ce qui se passe ensuite : à chaque fois que son cœur est bléssé, heurté, dérangé par celui qui prétend l’aimer, il ne va pas oser exprimer tout haut ce qu’il se dit tout bas.
Peur de fâcher, de mécontenter, de déplaire, il va s’adapter toujours et encore plus, faire profil bas. Et ce faisant il se nie.

Mais au fond, c’est un sentiment plus intense qui le gagne, c’est comme un tsunami, une peur d’être détruit, annulé, comme si le monde allait s’écrouler s’il s’affirme.

Et oui ! cela renvoie à des moments critiques où, enfant, il a du s’écraser pour survivre, se soumettre à un adulte tout puissant.
D’où l’évitement du danger,sur-évalué, la docilité lui a certes permit de survivre à une époque mais aujourd’hui, cela lui crée plus de soucis qu’autre chose.

Il va se laisser critiquer, juger, définir, c’est un jeu d’emprise malgré lui.

Parfois le soumis se vit comme une souris face à un chat et passe en mode rebelle mais pas toujours, il peut rester en souris soumise.

Il a perdu l’équipement du combat, l’énergie de l’affirmation est la colère, et cette émotion est interdite, en tous les cas, peu valorisée et peu familière.

Quand il passe en mode rebelle, ce n’est jamais aussi consistant que celui du dominant ou affirmé, parce que ce n’est pas une affirmation saine, de nouveau c’est un rebelle qui se rebelle parce qu’il a peur d’être soumis !
Comme une souris qui sauterait sur le chat mais qui a peu de chance de réussir à lui faire peur..

Que se passe –t-il pour celui qui s’affirme trop ?

Celui là a besoin de montrer sa puissance. Lui est fort, parce qu’il croit que s’il ne s’affirme pas, il va être pris pour un faible et finir par être absorbé.
On revient au lion qui doit être le roi des animaux. Il ne s’agit pas de lâcher le contrôle, ni son statut de roi.

Se cache derrière ce côté fort, un besoin d’avoir raison, et peut être la stratégie trouvée pour asseoir son autorité est celle de convaincre, de s’affirmer, de riposter, de prendre les armes.
A un temps révolu vous pouvez visualisez et vous mettre en alliance avec la petite personne qui a du se faire engloutir par un ou des plus grands que lui.
Ou faire comme l’un des deux parents (souvent le parent de même sexe) qui a montré le chemin de comment on se fait respecter ici !

Avoir raison, être fort, pour cacher l’impuissance de fond.

Parfois le trop affirmé peut avoir un sentiment de culpabilité quand il voit son partenaire défait, malheureux dans les conflits et parfois pas.

A mon avis, cela dépend s’il a du sortir les armes enfant pour faire face au danger, alors il n’y a pas photo, pour survivre il croit qu’il n’a pas le choix et tant pis si au passage, il y a des perdants.
Et même s’il se sent coupable un moment, puisqu’au fond, quand on aime on a envie de contribuer pour l’autre et non pas d’annuler nos partenaires, il ne va pas rester trop longtemps penché sur l’autre mais plutôt revenir à la posture : « j’ai raison et je n’ai pas le choix ».

Il triomphe, un court sentiment de victoire, de puissance surgit, mais il se coupe du lien en restant dans son « j’ai raison ». Inflexible, il finit seul dans sa tour d’ivoire.

Voici des pistes pour être affirmé, ni trop, ni trop peu..

Pour celui qui manque de punch :

lui plutôt dépendant affectif donne le pouvoir facilement, il s’oublie devant l’autre.
Il doit apprendre à reconnaître ses besoins, ses pensées, ses émotions, c’est à dire à ne pas devoir s’inhiber.
Mais pour pouvoir le faire, il doit commencer d’abord à comprendre d’où vient cette tendance à s’inhiber, à faire passer l’autre avant lui.
Franchir sa peur de dire non, arrivez à dire : maintenant c’est comme ça et ce n’est pas toi qui pourra me faire changer d’avis ! Non c’est non !

Retrouver la puissance est en lien avec l’affirmation de soi.
Et la puissance est en lien avec l’émotion de la colère. L’émotion qui lui est interdite, bloquée, associée à un danger.
Certains ont peur de leur propre violence, ou confondent souvent colère et violence : si je m’affirme je suis quelqu’un de violent, de méchant. Et je ne veux pas apparaître ainsi.
Cette image de gentil à laquelle il tient, (à juste titre, parce qu’il a plus envie de prendre soin des autres que de leur nuire), est parfois insistante et égotique et l’empêche de se fâcher.

Mais s’affirmer peut être fait de façon non agressive, on n’est pas obligé de crier haut et fort, tout le travail de la communication non violente peut être bénéfique, l’affirmation de soi n’est pas synonyme d’écrasement. C’est plutôt marquer sa place, son opinion qui s’oppose à l’autre.

Mais si on se vit intérieurement comme une souris face à un gros chat, (ou un chat d’appartement cherchant sa caresse face à un gros matou sauvage dixit l’une de mes patientes), on ne risque pas de prendre sa place et de la garder !!

A moins qu’il y ait un bénéfice plus grand à rester toute sa vie une souris terrorisée, mieux vaut se mettre dans la peau d’un animal prédateur qui sait attaquer, se défendre pour survivre.

Elargir les options dans la palette tel sera le crédo.
Pour avoir plus de choix, se faufiler entre le chat d’appartement embourgeoisé, genre aristochat, et puis se changer en chat sauvage, gros matou irascible, sortir les griffes et toiser son adversaire au cas où..

Jouer à faire comme si est une bonne manière pour notre système à changer les programmes inscrits, et la dimension ludique est une stratégie efficace pour expérimenter un retour à l’impulsion d’attaque.

Ecoutez d’abord vos besoins sans crainte d’être jugé, pourquoi ? Parce que n’importe comment il ne peut pas vous évaluer qu’en positif sinon ça sonne faux, sauf au début de la relation, et que c’est peut être en rugissant qu’il sait prendre sa place sur terre. Sauf que cela n’a peut être rien à voir avec vous. Prendre tout personnellement est fatiguant..

Ce n’est pas contre lui que vous vous opposez, vous le faites d’abord pour vous, pour avoir le plaisir de sentir votre puissance, donc de goûter votre existence.
Ce n’est pas en caressant dans le sens du poil votre compagnon que vous arriverez à éviter un conflit surtout si il a un fort caractère, bien au contraire.

Et puis dire non est aussi une manière de rendre vos oui plus crédibles, sinon on peut se sentir envahi par cet amour trop démonstratif, cette gentillesse sans borne, cette bonté systématique.
Etre trop gentil, trop soumis est toujours en lien avec la peur d’être un rebelle et de se faire quitter pour une révolte mal négociée.

Quelle est la part du vrai du faux là dedans ? Si vous ne tentez jamais de poser vos limites et de vous fâcher, vous ne saurez jamais s’il va partir en courant ou pas, et s’il part dès que vous haussez le ton c’est qu’il ne vous aime pas tant que ça non plus.
Il risquera plus de partir si vous jouez au trop gentil tout le temps et que d’un coup vous explosez faute d’avoir pu exprimer au fur et à mesure..

Alors osez !

Pour celui qui a trop de punch :

Il doit aussi se remettre en question, ce qui est plus difficile, en général celui qui a le plus de testostérone est moins apte à faire retour sur lui pour se poser les bonnes questions.

Là aussi le hic c’est d’être happé par une seule manière d’agir : monter au créneau pour un oui ou pour un non, vouloir convaincre sous prétexte que ses valeurs sont les vraies, les bonnes.
C’est une forme de rigidité et un manque de discernement. Le fanatisme des opinions enferme le dominant dans une royauté absolue, et ne le rend pas très humble, ni humain. Il a raison, certes (et encore on peut toujours douter de tout), mais à quel prix ? il risque d’être admiré par sa puissance mais craint plutôt qu’aimé.

Pour lui (elle), l’option qui manque est d’oser l’humilité et la vulnérabilité.
En clair : « je ne sais pas alors que je crois tout savoir », et je m’affirme trop parce que « j’ai peur d’être vulnérable » mais je ne le reconnais pas.

Accepter d’être limité, de sortir de la toute puissance, est une forme de maturité lorsqu’on n’a plus besoin d’écraser son prochain pour prendre sa place.
On laisse l’autre penser, sentir, agir différemment de nous. Et on regarde tranquillement à tête reposée, ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas mais sans être obligé de taper du poing sur la table.

Ce n’est plus en rugissant que l’on se fait le mieux respecter et mais en prenant les autres en considération.

C’est aussi reconnaître que l’énergie de l’affirmation de soi en excès peut être vécue comme une dictature, et terroriser ceux que l’on aime le plus.

En résumé :

Pour autant que nous soyons attiré par quelqu’un à l’opposé de nous, nous sommes vite confrontés à ce déséquilibre en couple entre celui qui n’est pas assez affirmé pas et l’autre qui l’est trop.
Chacun doit faire un pas pour modifier les données de base, élargir les options de comportements pour générer une mobilité dans les rôles.
Si l’insécurité du soumis s’apaise, il pourra récupérer sa liberté, mieux poser ses frontières, se positionner et le rester. Pour cela, il doit faire face à ses peurs, les traverser, orienter son attention sur ce que la vie lui apporte de doux, de bon. Ses peurs sont inhérentes à un manque de confiance en la vie.

Comme on l’entend souvent mieux vaut être seul que mal accompagné. Encore faut-il l’avoir expérimenté plutôt que de rester coincé dans une relation dominé/dominant.

L’affirmation de soi est l’une des compétences à trouver pour se respecter, ne pas se faire maltraiter, s’estimer à la hauteur de sa valeur.

Ce sont les excès en + et en – qui nuisent, reste à trouver sur le curseur le point d’équilibre.
Ni soumis, ni rebelle, ni dominant, ni dominé mais un juste milieu pour sortir des rapports de pouvoir, de dépendance, d’emprise amoureuse sur lesquels nous flirtons les uns et les autres à certaines périodes de nos vies.
La piste que je vous propose est de reconnaître tous ces jeux de pouvoir dans le couple pour s’en écarter, sans pour autant renoncer à la relation amoureuse.

Véronique Kohn le 22 novembre 2017

Le quotidien et le couple

Couple-une-illustratrice-dessine-l-amour-avec-des-scenes-du-quotidien

 

Ce thème est souvent au premier abord approché par nos contemporains avec une légère connotation négative, un couple au quotidien renvoie souvent à l’usure, les habitudes, la routine, l’érosion du désir, l’intendance familiale..

Bref, rien que de penser au quotidien le programme n’apparaît pas très alléchant et pourtant, comment concevoir le couple au quotidien comme une voie du cœur, d’approfondissement de la relation, d’une rencontre des milles et une facettes de soi au contact d’un autre ? Et qui devient une voie d’évolution et de l’altérité.

 

La génération Y, habitué « au tout tout de suite », à se satisfaire immédiatement du bon et à rejeter le mauvais dès qu’il ne convient plus va aborder le quotidien dans le couple avec peu d’enthousiasme, comment s’éterniser avec le même partenaire dès lors qu’il n’est plus à la hauteur de nos aspirations ? Si on s’habitue à stopper une relation dès qu’elle n’est pas assez satisfaisante et en démarrer une autre pour espérer du meilleur, on aura tendance à rester en surface, à envisager le quotidien comme un frein à l’épanouissement , exception faite pour ceux qui vont s’engager dans un couple au quotidien pour faire comme leurs pairs au même âge, (la tranche d’âge des 25,35) et y trouver un cocon de sécurité, un évitement de la solitude détresse.

Examinons ensemble tout d’abord les clichés relatifs à la notion de quotidien et couple

  • l’ennui, la lassitude :

On entend souvent que le fait de vivre avec le même partenaire risque de lasser, « toujours le même » se dit-on, quand bien même nous nous sentons attaché ou amoureux, il n’empêche que c’est toujours le même et ceci tous les jours.

En fait, ce qui est observable, c’est que selon notre profil de personnalité, certaines personnes sont très fusionnelles et vont adorer se retrouver face à la même personne, préférant la routine et y trouvant leur compte alors que d’autres se sentiront enfermées, celles ci sont plus orientées variété et changement.

Peut être que la piste ici consiste à se connaître, à s’accepter, et à voir ce qui est négociable avec l’élu de notre cœur, si j’aime l’aventure, la variété, est-ce que je peux négocier un quotidien ouvert ? Où je peux avoir des espaces hors couple, privilégiés qui me permettent d’y retourner enrichi de mes expériences ?

Et si j’ai le goût du quotidien, de mes repères et que j’apprécie cela plutôt que tout le reste, est-ce que je peux me procurer ce dont j’ai besoin en vérifiant que mon partenaire est sur la même longueur d’onde, sinon lui laisser ses espaces de ressourcement sans moi ?

  • la logistique :

Le partage des tâches quotidiennes est souvent source de conflits.. Habituellement on s’attend encore à ce que les femmes prennent plus en charge la logistique, l’éducation des enfants, ce qui pour certaines crée une énorme pression de devoir être sur tous les fronts en même temps.

Les temps changent, les rôles se redistribuent, les hommes apparaissent plus volontiers sur le secteur de la logistique, et en même temps si ce n’est pas le cas, comment volontairement aborder le ménage, les tâches ingrates en joie pure d’action ? L’un de mes enseignants m’avait invité à tenir le balai en main comme si je faisais l’amour avec le balai.. essayez une fois et vous verrez.

On dit souvent que ce n’est pas la tâche ni la situation qui gêne mais notre rapport à la tâche en question.

  • Les compromis :

Au quotidien, nous sommes tenus de faire des compromis, ce qui n’est pas le cas si vous vivez seul à votre rythme. En couple au quotidien, vous vous sentez parfois obligé de vous adapter à l’autre, ou de vous affirmer sur vos choix, en mode célibat, vous vivez à votre rythme mais vous regrettez de ne pas être en couple à partager une complicité, une tendresse.

En clair, ceux qui sont en couple au quotidien rêvent d’être célibataire et les célibataires rêvent d’être en couple.

Alors quand faut-il générer des compromis ? A mon sens, lorsque vous sentez que cela ne vous pèse pas tant que cela, posez-vous la question : est-ce que j’ai de la joie à offrir mon geste ? Ou est-ce que cela me prend beaucoup d’énergie et que je le fais par peur de mécontenter, de le perdre ? Utilisez un curseur d’énergie : est-ce qu’au final, j’ai plus ou moins d’énergie à faire plaisir ? Sinon vous fournissez trop d’efforts d’adaptation et vous le payez cher, soit au niveau de votre santé, soit en faisant payer par des coups bas ( bouderies, irritations, fermetures).

  • Le partage :

Se mettre en couple au quotidien est souvent en lien avec l’envie de partager, Mais au fond, qu’est-ce que je partage vraiment avec lui ? Sur quoi se basent vos envies de partage ? Vous êtes vous vraiment posé la question sur vos véritables envies qui ne sont peut être les mêmes que les siennes par ailleurs.

Des loisirs communs ? Activités sportives, culturelles, promenade, de l’intimité par une parole authentique ? De la sexualité passionnelle ? De la tendresse ? Des gestes de protection et de soutien ?

  • L’érosion du désir :

Voici un cliché très répandu, avec le temps le désir s’émousse, avec la sécurité d’un quotidien bien orchestré, le temps d’intimité se rétrécit, et il est logique de croire que le feu de la passion est relatif au désir de conquête.

Ce qui peut être vrai pour certains couples qui n’ont pas décidé de prioriser vraiment la question de la sexualité.

D’autres raisons existent par exemple comme laisser les conflits générer des contentieux et des fermetures du cœur, puis du sexe.

Ou ne pouvoir ouvrir à la même personne totalement son cœur et son sexe en même temps ce qui définira un profil amoureux (voir les clivés de l’amour)

La sécurité au sein du couple qui dure et en partageant un quotidien n’est pas forcément synonyme de diminution de la libido, au contraire si vous décidez de consacrer du temps sans vous questionner plus que cela sur la question du désir, vous verrez que les corps aiment faire l’amour, parce qu’ils sont fait pour cela, tout simplement, surtout si vous aimez ce partenaire et que les contentieux ne viennent pas voilés l’ouverture du cœur.

Le deuxième argument prétendu aggraver l’érosion du désir consiste à dire que de se montrer tous les jours tel que l’on est dégrade le mystère érotique.

Pensez-vous vraiment que le fait de mieux se connaître, de se sentir plus à l’aise, de se détendre devant l’autre à oser lui montrer nos petites manies brisent l’érotisme ? Beaucoup en sont persuadés..

Et pourtant, réfléchissez : ne trouvez-vous pas que ceux qui sont vraiment amoureux de la personne, de son être, sont moins portés sur les fantasmes et les apparences et ne sont jamais dérangés par la levée des inhibitions ? Ce n’est pas un tue l’amour que de se laver les dents devant l’autre, d’aller aux toilettes, de se réveiller démaquillé, fatigué. Tout et n’importe quoi peut être excitant, il n’y a que notre regard qui évalue à l’aune de notre esprit critique.

 – Les désaccords :

Et forcément qui dit couple au quotidien dit conflits, ou désaccords, sur les points de vue notamment.

Ce sont souvent sur des incompréhensions et des interprétations à partir de notre Enfant intérieur qui prend au premier degré tout ce que se dit ou se vit. Egocentré, nous ramenons tout à nous imaginant que la personne qui dit nous aimer ne devrait pas se comporter ainsi, (elle passe du camp de l’allié à celui de l’ennemi.)

Alors vivre au quotidien en couple, c’est apprendre à voir sa part de responsabilité, redevenir acteur plus que de subir parce que la tendance c’est de faire des reproches sans se remettre en question.

Et le plus difficile c’est que nos besoins ne sont pas les mêmes que ceux de l’autre !

Par exemple, il ne veut pas arrêter de se pencher sur son I phone alors que je suis là à ses côtés au restaurant, si je suis agacé c’est que j’ai besoin de considération que l’autre ne peut donner à ce moment là, soit je m’agace contre, soit je vois qu’il ne peut pas faire plus, (ne pouvoir s’empêcher d’être branché sans cesse sur l’I phone est considéré comme une addiction de la génération Y)

et je reprends mon pouvoir en main, je vois ce en quoi je peux agir pour moi dans ce que je trouve de disponible. Lâcher prise n’est pas chose facile, surtout si ce besoin qui fait surface est prioritaire. C’est pour cette raison qu’au plus vous redevenez acteur en prenant en charge vos besoins au moins vous êtes frustré.

– Les besoins d’affection (gestes, attentions, tendresse, paroles, caresses) :

Dans le quotidien, le couple doit être vigilant sur la manière dont il fait circuler les signes de reconnaissances positifs, si le flux positif est trop bas par rapport au flux de reproches, critiques, jugements, le couple finira par accuser le quotidien de tous les maux alors que l’origine du malaise provient d’une fixation de l’attention sur les manques, et les signes négatifs. Et plus l’attention se fascine pour le négatif, plus les détails parfois insignifiants prennent des proportions dramatiques !

Un couple au quotidien qui a appris à cultiver les gestes tendres, les compliments, les attentions rebooste l’énergie, fait circuler à nouveau.

D’un cœur fermé par une parole ou par un geste gauche, la vraie question est : est-ce possible de rouvrir mon cœur à l’autre, juste pour permettre à l’énergie de circuler ?

– La jalousie :

Un sujet que j’ai déjà abordé maintes fois, mais difficile d’évoquer le couple au quotidien sans y insérer le sujet de la jalousie.

Jalousie de quoi, de qui ?

Quel que soit l’objet qui accapare notre jalousie, il se cache toujours une toute petite personne en nous, pas bien âgée, qui a peur de ne pas être assez importante pour l’autre.

Ceux qui ont la chance de ne pas l’être du tout, sont soit persuadés qu’ils ont leur place dans notre cœur, ou que si ce n’est pas le cas, d’autres cœurs les adopteront facilement, en tous les cas, la question de compter pour l’autre n’est pas prégnante.

La seule façon de résoudre le problème à la jalousie est de développer le goût de soi, un peu comme un mariage intérieur, à tel point que le mendiant d’amour en nous ne pointera plus jamais le bout de son nez.

Conclusion :

Qu’est-ce qui est le mieux? Faut- t-il  opter pour choisir la voie du couple au quotidien ou au contraire la voie du couple à distance ?

Vaut-il mieux approfondir une relation ? Sachant que sous le même toit, vous ne pouvez pas vous soustraire aux difficultés et vous chercherez forcément des manières de négocier, à tout ce qui paraît insurmontable au début.

Ou choisir un autre mode de vie relationnelle, comme les couples à distance assez à la mode aujourd’hui, pour se rendre la vie plus confortable, option souvent choisie après les divorces ?

Chaque relation diffère, chaque période de vie enrichit et amène de nouveaux éléments de réflexion, aucune des options n’est idéale, vous aurez beau chercher, faire couple au quotidien présente parfois beaucoup d’avantages, mais pour certains un tel challenge qu’il vaudra mieux éviter le voyage du couple durable sous le même territoire.

Au contraire, pour d’autres, vous vous sentirez soutenu par un partenaire sur votre chemin de vie, accompagné, complice, s’il est tout tout proche partageant votre quotidien, vos joies et vos peines.

A chacun sa voie personnelle et créative du couple, aucune personne au monde ne peut  vivre votre vie amoureuse à votre place, faire les choix pour vous, il n’y a que votre petite voix intérieure qui peut vous guider..et au gré des expériences, vous aurez une idée plus précise de qui vous êtes et de ce qui vous rend plus heureux.

Véronique Kohn

Le 21 septembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les conduites à risque en amour

thelma-louise-end2
Est-ce risqué d’être en relation amoureuse ?

On pourrait penser qu’au contraire la relation amoureuse nous donne de l’amour, de l’énergie à revendre, de la nourriture affective suffisante pour calmer tous nos maux.

Malheureusement, bien des personnes dès lors qu’elles établissent un lien amoureux, deviennent plus vulnérables, confient le pouvoir à l’autre, se sentent déposséder de leur autonomie.
Comme si elles perdaient leur identité, leur personnalité, comme si elles ne s’appartenaient plus.

Alors que bien souvent, en mode célibataire, elles retrouvent leur base, trouvent des stratégies pour satisfaire leurs besoins, se sentent plus en responsabilité d’elle même.

Alors est-ce dangereux la relation amoureuse ?

Et quelles sont les conduites dites dangereuses généralement méconnues?

Il me semblait vraiment important d’écrire sur ce sujet tant certaines personnes vont user de la relation amoureuse pour réactiver nombre de blessures d’enfance non digérées.

Et se faire mal avec le lien, accablant le partenaire de reproches alors qu’il est la plupart du temps source de projection d’un substitut parental, d’attentes réparatrices, comme un puit sans fond qu’il ne pourra jamais combler.

Tous ces mécanismes sont rarement identifiés, ce qui crée des zones aveugles sur l’origine des malaises perçus.

Les attentes non satisfaites sont source de frustrations, parfois la colère est projetée sur l’autre, certains sont plus à même d’exprimer la colère mais parfois de manière trop explosive, d’autres vont imploser c’est à dire vont retourner l’agressivité sur eux même en somatisant, en se culpabilisant, en devenant anxieux et nerveux.

Souvent la même personne qui n’est pas en couple va plus facilement prendre en charge ses besoins ; le fait de se sentir « en couple » amène un changement de représenté dans l’esprit de la personne, comme si former un couple implique une délégation de ses besoins sur un autre.

En résumé, on pourrait dire que le couple peut être vecteur de sécurité, d’apaisement, ou au contraire de montée de tensions si grandes qu’elles occasionnent des conduites à risque pour l’individu.

L’intérêt est de les identifier, pour les rendre explicites d’une part, puis pour les désamorcer dès que la conduite dangereuse s’initie.

On pourrait dire que ces conduites dangereuses, de violence sur soi ou sur l’autre, serait comme s’il y avait de la dynamite dans la cave de notre maison et qu’à tout moment, cela pourrait exploser sans crier gare.

Voici l’inventaire des conduites à risque en amour, par ordre de gravité

  • Crime passionnel, tuer l’autre
  • Se suicider par amour
  • Se donner à n’importe quel homme pour être aimée (jeu au viol)
  • Ne pas se protéger des MST
  • Préparer une vengeance, mettre de l’énergie dans la stratégie
  • Se venger d’une rupture difficile par :
  • Des procès, des enfants pris en otage en dénigrant un des parents
  • Se sentir humilier en acceptant beaucoup trop de situations où l’on se nie soi même
  • Méconnaître ses limites: remettre en scène des situations de l’enfance souffrantes et non résolues en minimisant l’impact
  • S’adapter en ayant l’espoir que cela change
  • Générer un deuil amoureux pathologique (plus d’un an de deuil)
  • Etre dépendant affectif : se sentir obsédé et envahi en pensée ou en image par le partenaire ou la relation sans pouvoir contrôler ni les pensées ni les images alors qu’il est absent.
  • Se laisser maltraiter, violence verbale, violence physique
  • Se maintenir dans une relation toxique sans se respecter ni stopper la relation
  • Rester dans des schémas répétitifs qui se terminent toujours perdant/perdant
  • S’exposer inutilement en étant réactif, réponse d’agressivité pour ne pas perdre devant quelqu’un de violent par exemple
  • Eviter de s’engager dans la relation, se mettre en privation soit affective ou sexuelle, (chat échaudé craint l’eau froide..)
  • Se soumettre aux directives sans évaluer la pertinence
  • Ne pas poser ses limites de façon claire : accepter de la drogue en soirée, ou de l’alcool plus que raisonnablement et perdre le contrôle
  • Ne plus être conscient de ses limites : ne plus se reposer, s’épuiser pour s’adapter à l’autre, prendre la route alors que c’est la nuit en étant fatigué, allez au delà de ses forces comme si c’était plus fort que soi.

Toutes ces conduites sont symptomatiques d’un manque de bienveillance par rapport à soi, dans notre jargon de psy, notamment en Analyse Transactionnelle, on parlera d’un Etat du Moi Parent Nourricier défectueux qui est la partie de nous qui sait prendre soin, à la fois de nous même et des autres, nous protège de nos propre conduites à risque en posant nos limites, en nous écoutant, en apprenant à nous respecter de plus en plus.

Et de nous protéger des autres si ceux-ci ne savent pas considérer nos besoins vitaux et font passer les leurs avant les notres.

Car c’est souvent ce qui se produit lorsque nous nous déchirons dans la relation, chacun cherche à satisfaire ses besoins, à aller dans le sens de son propre plaisir, a envie de se sentir libre d’agir à sa guise, et tire alors la couverture à lui.

Dans ce va et vient des mouvements réactifs de ce «  j’ai envie et j’y ai droit !» « et moi aussi d’ailleurs ! » , le plus en demande de lien peut être fragilisé et ne plus faire appel à son Parent Nourricier.

Il oublie alors d’être son propre Parent vis à vis de lui, pour garder le lien il est prêt à tout, soit de riposter, soit de manipuler, soit de se sur-adapter, tout cela ayant pour conséquence de se déposséder de soi même, telle l’image d’une fleur fanée à trop pencher sur l’autre.

Le fait de faire vivre le Parent Nourricier et de le renforcer s’il est quasi inexistant, est une bonne façon de partir dans la relation en contact avec sa base, un endroit stable en nous qui n’est pas prêt à tout pour garder le lien.

La plupart des personnes qui ont des conduites à risque en amour ont un Parent Nourricier faible, soit parce que le modèle parental n’était pas un modèle de bienveillance, les parents ne savaient pas être bienveillants vis à vis d’eux même, et parfois pas non plus vis à vis de leurs enfants.

Témoin d’un manque de bienveillance et/ou d’empathie entre les parents, l’enfant ne se construit pas avec cette compétence pourtant essentielle.

Donc l’enfant n’a pas pu incorporé un savoir faire lié à être doux avec soi, à se respecter, à ne pas faire passer l’autre avant soi. Il arrive, adulte dans la relation avec ce manque de Parent Nourricier et va chercher au travers de la relation le Parent Nourricier de son partenaire pour pallier le sien.

Il attend que l’autre le protège, le respecte, le rassure, soit doux et tendre, non jugeant et bienveillant avec lui alors que lui même ne sait pas se le donner à vivre.

Et bien sûr l’autre n’est pas un ange sur terre, lui aussi a ses limites, il ne peut pas soutenir la posture du Parent Nourricier constamment même si cela tombe sous le sens qu’aimer c’est prendre soin de son prochain.

Notre Parent Nourricier peut être très inconséquent spécifiquement sur la sphère amoureuse mais pas ailleurs, par exemple certains savent se protéger dans le monde du travail, mais sur le terrain affectif sont très fragiles.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la relation amoureuse revisite les manquements affectifs de notre enfance, si nos parents ne nous ont pas assez protégés, ou regardés, nous allons vite nous sentir pas assez protégé ou regardé et demander beaucoup à la relation.

Les enjeux sont forts à cet endroit du lien parce que la fragilité est inscrite dans notre personnalité.

Les conduites dangereuses sont tout d’abord à identifier, puis à titre préventif à considérer dès qu’elle se présentent à nous avant qu’il ne soit trop tard. Pour en mesurer l’importance et ne pas laisser la conduite nous mener par le bout du nez, la partie de nous qui n’est pas en contact avec notre Parent Nourricier peut prendre le pouvoir et nous faire regretter et culpabiliser quant à notre incapacité à dire stop.

Comme si une partie puissante nous possèdait et nous mettait dans une impossibilité auto-destructrice à poser nos limites.

Elles sont scénariques, c’est à dire que si nous ne les déjouons pas, elles sont inscrites comme une issue tragique si jamais nous considérons que cela tourne mal pour nous.

Et surtout elle sont caractérisées par l’issue dramatique finale, et les jugements habituels conséquents qui en disent long :

  • je le savais bien, c’est toujours pareil, avec lui (elle) …
  • ou tous les hommes (femmes) sont…
  • je finis toujours par me faire avoir…donc j’ai raison de me méfier..
  • je n’aurai jamais du..si j’avais su..

Bref, ce sont des croyances dites scénariques parce qu’elles sont vérifiées à la fin comme une séquence prévisible. Et nous faire choisir des partenaires toujours du même genre, ceux qui ressemblent à nos figures parentales pour réussir à attirer leur attention. Et en général reproduire le cercle vicieux de la re-traumatisation.

Et cette chute finale tragique, va rendre la personne encore plus impuissante, un peu comme dans une impasse répétitive qu’elle connaît bien.

Nous sommes prisonniers de ces conduites là car enfant nous cherchions à protéger le lien avec le parent qui symbolisait le plus notre pilier de sécurité, et même s’il n’était pas au rendez-vous de nos besoins, nous avons ravalé nos réponses de fuite ou d’attaque et ceci de façon inconsciente.

Ce qui fait qu’une fois adulte, nous avons perdu le réflexe de poser des limites, soit de partir en courant si notre conjoint ou compagnon nous agresse ou manipule, soit de fermement dire que ce n’est pas notre position et confirmer un avis différent.

Ce phénomène de sur-adaptation à l’autre est bien connu.

Quand je m’adapte trop à l’autre, je me déconnecte de moi !

Et je deviens potentiellement dangereux pour moi ! Ou je bous intérieurement et je ne vais pas tarder à exploser ou à imploser ! Surtout si je ne vois pas venir mes conduites à risque..

Et encore plus si je suis penché sur l’autre ou hypnotisé par ce qui passe dans la relation.

Je le remarque au moment où je sens que c’est plus fort que moi..quand je ne peux pas m’empêcher de.. Je n’ai peut être pas senti qu’auparavant il y a eu pas mal d’insatisfactions retenues, ou non exprimées ou alors mal exprimées.

On appelle cela en langage courant, perdre le contrôle.

C’est comme une pulsion qui nous attire vers le vortex traumatique.

D’où la réelle importance à tête reposée de lister ses conduites dangereuses en amour, de les conscientiser, de les pister, voir de demander à un de nos confidents de nous aviser lorsqu’il nous perçoit basculer dans ces comportements désorganisés. Ceci pour remplacer notre Parent Nourricier qui peut faire défaut lorsque nous nous sentons poussé à bout.

Les identifier est une première étape, la deuxième est de décider volontairement de ne plus s’abîmer dans la relation, c’est à dire de fermer ses issues tragiques en décidant de se protéger une bonne fois pour toute. Cette décision est prise par l’Etat du Moi Adulte. Cette partie de nous, si elle prend plus aux commandes quand nous commençons à basculer dans les conduites à risque est comme un pilote dans l’avion qui reprend le contrôle.

Mais l’idéal, et ceci est vrai pour chacun d’entre nous, est de renforcer aussi ce Parent Nourricier comme je l’ai dit plus haut, pour contrebalancer le poids de notre Enfant blessé qui sur-réagit à la manière d’un petit enfant qui réclame son dû.
Ce que les bouddhistes vont nommer le chemin de la compassion vis à vis de soi même, ou que les chrétiens reconnaîtront dans l’enseignement du Christ : « aime ton prochain comme toi même ».

De même Rumi écrit : « Ta tâche n’est pas de rechercher l’amour, mais simplement de trouver et d’éliminer tous les obstacles que tu as construit contre l’amour ».

Ou encore dans le judaisme, Hillel nous dit: « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? ».

La plupart des spiritualités invoque le chemin de l’amour de soi d’une manière ou d’une autre, et c’est peut être ici notre plus grand défi tout au long de notre vie, tant il est difficile de repérer combien nous sommes dur et exigeant vis-à vis de nous même, voir dangereux pour nous sans nous en  rendre vraiment compte.

Véronique Kohn, le 14 juillet 2017

Les clivés de l’amour

6866886_1280x960

Les clivés de l’amour : ceux qui sont coupés sexe et cœur

Après les frileux de l’amour et ceux qui donnent trop, voici les clivés de l’amour, un autre profil amoureux, les clivés sont ceux qui ne peuvent pas allier le cœur et le sexe en même temps, ils donneront soit leur cœur, soit leur sexe.

Ils séparent, coupent, catégorisent, hiérarchisent. C’est le soit, soit et pas le et, et.

Ou alors, ils vont s’attacher aussi à des personnes en miroir qui ne peuvent pas jouer tous les rôles à la fois, par exemple : un homme se marie par exemple avec une femme , lui fait des enfants, elle n’est plus qu’une mère, celle-ci bien figée dans ce rôle de petite femme ordrée et proprette et à côté s’autorisera à vivre sa vie sexuelle fantasmatique avec une autre.. qui, elle n’ est assignée qu’ à ce rôle d’amante.

Ce profil amoureux correspond à une personnalité très énergique, en général séduisante et qui réussit dans la vie.
Paraissant sûre d’elle même mais en réalité, elle pense qu’elle n’a de valeur que si elle réussit.
L’estime de soi est entamée sous une apparente réussite.

Pour les hommes :

Ils vont établir des relations soit à partir du cœur, soit à partir de la sexualité.
Deux sous types :

1- Le type romantique :
Ce sont des hommes qui réservent leur cœur, partagent l’intimité et vont idéaliser la relation amoureuse: les romantiques, les réservés, les méfiants, préférant renvoyer une image authentique d’un être sensible par opposition à un être grossier, prédateur masculin et consommateur de femmes.
Parfois garant d’une certaine morale sexuelle pour préserver une image de romantisme.
Cette représentation d’un homme respectueux de la femme, les amène à se couper d’une partie d’eux, je donne mon cœur mais pas mon sexe, je suis gentil et doux avec les femmes, mais elles sont potentiellement castratrices, donc je me méfie.
Le pôle féminin de l’homme est au premier plan, empathique, confident des femmes, il sait les comprendre, les écouter, les cerner.
Il va les aimer de tout son cœur mais sera moins investi sexuellement.
L’énergie sexuelle sera donc soit peu incarnée, soit réservée à des femmes répertoriées sexuelles.
Il peut y avoir un investissement sexuel au début et assez rapidement un désinvestissement.
A l’image des troubadours auraient tout donné pour des femmes aimées mais sans donner la totalité d’eux, pas de sexe, que du cœur idéalisé.

2-Le type sexuel :
Ce sont des hommes qui vont fermer leur cœur blessé, et proposer une relation en dessous de la ceinture, le sexe fonctionne bien mais pas le cœur.
Par exemple, Les Don Juan, les séducteurs, manipulateurs habiles pour charmer et obtenir les faveurs des dames..
Ils utilisent les partenaires pour se sentir désirable, séduisent non pas pour contrôler mais dans le but d’empêcher toute intimité véritable.

Ils peuvent par ailleurs ravir sexuellement mais parlent peu d’eux mêmes, une pudeur à faire vivre une intimité vraie, ils investissent la relation à partir de l’énergie sexuelle et s’en tiennent à cela en général.
Ils vont utiliser la mécanique sexuelle pour être en lien, et sont mal à l’aise dans la partie émotionnelle et surtout pour oser s’exprimer et nommer ce qu’ils ressentent.
C’est plus une sexualité mécanique où la performance et la puissance est importante, mais déconnectée des sentiments.
Au début, ils vivent des périodes d’intense sexualité mais si la relation se développe, ils perdent souvent tout désir sexuel, mais restent capables de développer des relations sexuelles avec de nouvelles personnes.
Leur sexualité est liée au système orthosympathique, passion, chaleur, début de relations.
Alors que pour les romantiques c’est l’inverse, le système parasympathique est dominant, donc le besoin est à la tendresse et à la confiance pour qu’il y ait sexualité.

Physiquement le profil sexuel est souvent séduisant, attaché à son image, et en même temps d’aspect raide et dur, un peu comme une armure verrouillée.

Ils peuvent donc rester avec un même partenaire pour des questions de stabilité mais avoir des relations sexuelles ailleurs.
Ou alors sont taxés par les femmes d’hommes ne voulant pas s’engager, de les tromper en les amenant sur le terrain de la sexualité et en les utilisant comme des objets.

La relation amoureuse pour les deux sous profils sera appauvrie d’une partie soit le cœur, soit le sexe puisque la totalité de l’être ne peut être offerte.
Le défi pour ces personnes là est d’avoir un cœur ouvert et une forte sexualité, d’intégrer les deux à la fois.

Malheureusement, leur système défensif ne leur permet pas de fonctionner complètement.
Bien évidement, on cherche tous à être aimé, mais n’étant pas certain de pouvoir être accueilli pour ce qu’ils sont, ils ont appris à se couper d’une partie.
Ils présentent ce que l’on nomme le symptôme du cœur brisé. Au fond, ils ont une peur inconsciente de ne pas pouvoir aimé et être aimé.
Ayant parfois eu le sentiment d’avoir été utilisé enfant, ils contrôlent en cherchant à prendre le pouvoir dans la relation, en donnant soit leur sexe sans cœur, soit leur cœur sans sexe. Sauf que la sexualité est un espace où se privilégie l’abandon ; le contrôle n’y trouve pas sa place.
En apparence la fierté est d’être parfait, sans faille, sans faiblesse, ou de ne plus jamais laisser quelqu’un les blesser. Ils rejetteront donc avant d’être rejeté.

Quand enfant, on a vécu des traumatismes du développement, on se protège en se déconnectant, en se coupant.
S’il y a une défaillance de l’environnement, le tout petit va se couper de ses besoins, quand ceux-ci ne peuvent être satisfaits.

On imagine alors que l’autre ne nous aimera pas, ou alors, méfiant entretenir un rapport de test : « si tu m’aimes peut être alors je t’aimerai ». L’amour devient un rapport à l’échange.

C’est exactement ce qui nous a protégé enfant, qui crée la déconnexion adulte.
L’énergie sexuelle est perçue comme ce qui nous rend vivant en général et chez eux c’est là aussi où il y a le plus de résignation.
L’autre est perçu comme quelqu’un qui ne m’aimera pas, ce qui le met dans l’impossibilité de nous aimer.
Cette attente de la réciprocité crée d’énormes problèmes.

Le clivage est une manière de gérer le danger bien évidemment mais un danger sur-interprété qui est un danger qui appartient au passé.

Quand le clivage est à l’intérieur de soi : le sexe coupé du cœur, le clivage peut se projeter à l’extérieur ; par exemple un homme qui ne peut pas aimer une femme qui réunit le sexe et cœur en même temps, il aimera soit la sainte chez une femme, soit la putain ; de la même manière, le clivage est au rendez-vous.

Le schéma est : ou je me coupe ou je te coupe en deux parties.

Pour les femmes

Le type centré sur le coeur :
Soit elles sont centrées sur le cœur et de nouveau investissent la relation dans le don d’elle, je suis celle qui va tout donner à son époux et sa famille par exemple, je vais jouer à fond le rôle de l’épouse parfaite, le rôle de mère, être généreuse, à la hauteur de l’amour, la douceur, la patience, je vais même jusqu’à sacrifier des plages de ma liberté.
L’énergie sexuelle va être peu investie, au détriment du don d’elle. La fonction épouse et mère est par contre très investie, voire sur-investie, ce qui génère une difficulté de place pour l’homme entre la dyade mère-enfant. Ou encore, lorsque les enfants grandissent et partent de la maison, un sentiment d’arrachement et surtout d’inutilité existentielle si je me départie de la fonction mère.
Est-ce un cliché ou les femmes, qui éduquées de la sorte, ont vite compris que pour être aimées il fallait être la femme d’un homme ?
Et si on les retrouve en boîte échangiste, c’est souvent pour faire plaisir à leur mari.

Si elles clivent à l’intérieur, elles peuvent aussi cliver à l’extérieur, l’homme ne peut pas m’aimer si je ne rentre pas dans la catégorie de l’épouse aimante et correcte. Pas celle qui rêve d’assouvir ses fantasmes les plus débridés.

le type sexuel :
Alors on observe chez certaines d’entre elles, des envies d’explorer leur sexualité aussi mais sans les sentiments, de se prendre un amant ailleurs lorsqu’elles osent sortir de leur cadre de femme pure et sainte. Mais en compartimentant bien évidement, il y a le mari d’un côté et l’amant de l’autre et on se coupe d’une partie de soi dans chaque relation. Avec l’un l’attachement tendre, avec l’autre la sexualité sauvage.
Ou encore ces amazones, ou la catégorie récente des fées clochette,profil à la fois narcissique, séducteur, femme-enfant capricieuse, qui prend et jette quand l’homme ne rentre pas dans les attentes, un peu comme une revanche sur les hommes qui ne seraient pas à la hauteur.

Y a –t-il des pistes pour aider ces femmes et ces hommes à sortir de cette coupure entre le sexe et le cœur ?

Déjà comprendre que ce dont elles désirent le plus, c’est ce dont elles craignent le plus.
Pour le type sexuel, l’envie d’être aimé est couplée à la peur d’être rejeté, il va utiliser la sexualité pour ne pas avoir son cœur brisé.
Le type romantique va utiliser le cœur et éviter la sexualité pour cacher la peur d’être rejeté en étant sexuel, incarné.

Le défi est de les aider à saisir que le traumatisme est dans le passé, que l’abandon a déjà eu lieu, qu’aujourd’hui vous n’avez pas l’intention de les rejeter ni les blesser, dès qu’ils se coupent.

Et si vous vous êtes reconnu comme un clivé de l’amour, est-ce possible d’être l’amant ou l’amante que vous voulez être pour vous même et non pas pour être aimé ou plaire aux autres ?
Le fait de ne plus donner force au rapport relationnel, je ne fais pas pour l’autre, ni pour être reconnu, ni pour être aimé, on appelle cela développer l’amant intérieur.

Le 24 juin 2017
Véronique Kohn

Une semaine à la radio avec Véronique Kohn !

Quelques partages et échanges en toutes simplicité sur Castelnau Web Radio, dans l’émission 100% Femmes ! 😉


Ecouter la version intégrale de l’émission.


Ou les extraits quotidiens :

Etre amoureux : une pathologie ?

coeur flou
Pourquoi sommes nous tellement attirés par cet état amoureux ? C’est comme une drogue a-t-on l’habitude d’entendre.
Nous rêvons d’être amoureux lorsque la vie quotidienne nous rattrape ou lorsque nous sommes frustrés par les insatisfactions fréquentes de nos relations.
Et quand nous le devenons, le cocktail chimique dopaminergique nous transporte vers des cieux des plus radieux où nous nous sentons des ailes ; mais qui nous font souvent basculer dans les enfers du manque ou de jalousie l’instant d’après..

Considéré aujourd’hui par les neuro-sciences comme un état addictif , faut-il pour éviter de souffrir de la pathologie de l’état amoureux , en arriver à faire une croix dessus complètement et se mettre en retrait de la scène amoureuse, ou se contenter d’ un engagement tiède, sans passion au rendez-vous ?

Comme dans les contes de fées, ou le mythe du banquet de Platon où nous cherchons notre moitié complémentaire, pour retrouver ce sentiment d’unité, une fois que nous le touchons avec un être, nous avons du mal à nous en distancer même si une petite voix raisonnable nous dit que ce n’est pas la voie royale, qu’il nous faut d’abord nous établir dans l’amour de soi, avant d’aller à la rencontre de l’autre.

Et pour les amoureux de l’amour, même après des années de travail sur soi, d’expériences tragiques de rupture qui mènent à une compréhension plus précise des mécanismes de l’attachement, il ne faut pas grand chose pour retourner au piège de l’état amoureux et des ses conséquences à friser le pathos, même si les états de souffrance durent moins longtemps tout de même.

Mais comment peut-on être si fragile, si dépendant, même après tant de relations amoureuses ?
Qu’est-ce qui nous prend de passer tellement de temps à courir après le coup de foudre, l’âme sœur, le grand frisson de cet état amoureux ?

Un goût pour vivre intensément ? Un simple shoot ? Une manière de réaliser que nous sommes vivants comme si nous ne le sentons pas sans cela ? Une façon de gérer l’ennui ? Comme si jouer le rôle d’un personnage romantique était une valeur sûre et valorisante de réalisation. Il est bien écrit partout que nous sommes des êtres fait pour vivre l’amour, que c’est la valeur haute de notre existence, alors que nous raconte-on depuis le début ?

Et pourquoi dit-on que si cette flamme n’est pas entretenue dans le couple alors la relation s’éteint, le désir s’use et les problèmes commencent .
Alors trop d’amour tue l’amour, pas assez aussi ?

L’attachement fait donc souffrir, car s’attacher c’est prendre le risque de se séparer ou de ne pas compter vraiment pour l’autre, alors que nous voulons plus que ce qu’il peut donner bien souvent quand nous sommes amoureux.
Une fois que nous rencontrons un être qui vibre sur notre longueur d’onde, nous n’avons qu’une envie c’est de nous l’approprier , de le garder, et c’est là où le cycle de l’attachement souffrant risque d’apparaître.
Par exemple avec le fameux jeu amoureux tellement connu : « suis-moi je te fuis, fuis moi je te suis »
Si je te montre combien je tiens à toi, tu peux en retour ne pas répondre à cette envie que j’ai de te voir, tu peux au contraire te sentir encombré par mes demandes oppressantes, et te mettre en distance.

Et en même temps se rendre compte que celui qui est en demande, frise à la fois le manque très désagréable et en même temps jouit de l’intensité de l’état amoureux qui l’accompagne.
Alors que celui qui est plus froid n’en est pas atteint ou se coupe de l’élan.

Donc si vous me suivez, involontairement on pourrait dire que malgré la souffrance du manque, l’amoureux sent la tension du désir, et se sent transporté obsessivement vers l’objet d’amour convoité.
La frustration de ne pas avoir augmente la tension et l’obsession.

C’est comme si ce schéma archaîque se réitère : « s’il s’intéresse à moi, j’existe, s’il ne daigne pas poser son regard sur moi, je crois que je n’existe pas » ou alors que je suis pas quelqu’un d’intéressant.

C’est peut être le côté pathologique ou dramatique de l’histoire ! Comme au tout début de notre vie, il est possible de retourner dans cette sensation de transparence, d’inexistence si le regard n’est pas posé suffisamment sur nous.
Ce fameux besoin de reconnaissance, de validation pour nous permettre de nous distinguer d’autrui, d’avoir notre place.

Comment sortir de ce schéma infernal ? Et qui nous ramène à la dépendance d’un tout petit dans une peau de grand, que nous jugeons de plus comme indigne de notre grandeur !

Une piste serait de se sentir exister au moment où l’apparition du symptôme « je ne suis rien » apparaît, mais déjà reconnaître ce symptôme parce qu’en général, c’est le manque qui est senti et pas le « je n’existe plus ».
Les personnes que l’on fait vivre en virtuel dans notre imagerie mentale, existent plus que nous mêmes à ce moment là.
Il y a à investir le champ d’attention sur notre sentiment d’existence, de se sentir être une personne importante, déjà à nos propres yeux, voir de trouver d’autres personnes pour nous valider même si on pense que ce n’est que celle qui nous manque qui est légitime à le faire.

Que se cachet-il derrière l’addiction à l’état amoureux ?

On l’a vu, la sensation de l’intensité vibrante de la vie qui coule en nous, une énergie fabuleuse, une joie, un optimisme si tout va dans le sens de nos attentes mais rapidement cela peut dériver vers le manque atroce et une souffrance terrible.

Etre amoureux c’est un manque d’amour.
Quand je veux être aimé, je veux quelque chose, je n’aime pas. Si j’arrête de vouloir m’approprier, je suis libre parce que je me rends compte que l’amour n’a pas besoin de se fixer sur une personne, il est toujours présent mais j’ai, pour le sentir, la tentation de me relier à un seule prise, à une seule personne avec qui le courant est passé.

Et ensuite, je peux rajouter l’argument que se donner à une seule personne est une marque de respect de soi, de l’autre, que l’on ne partage pas son intimité avec d’autres comme cela au tout venant, que notre corps est sacré etc..

Cet argument est à la fois vrai sur un certain plan mais jusqu’où s’en sert-on pour renforcer notre légitimité à s’approprier notre compagnon ?
Mon homme, mon mec à moi, ma femme..
Et comme c’est mon quelque chose, il est donc responsable de ne pas faire correctement ce que l’on souhaite, de répondre à nos demandes, nos besoins .
Notre amoureux(se) ne fait jamais assez bien tout ce que l’on aimerait sauf au tout début de la relation peut –être et encore..

Généralement, on aime quelqu’un s’il correspond à notre système de valeurs. Si la personne que l’on aime se met à faire ceci ou cela, soudain on ne l’aime plus. Un amour qui commence et qui finit, ce n’est pas de l’amour.
Sur un certain plan, on pourrait dire que l’on ne peut pas aimer puisque notre amour est sans cesse conditionnel, et que nous ne pouvons pas nous empêcher d’aimer de façon limitée. L’ego ne peut pas aimer, il prend, il utilise, il sécurise. Et comme notre ego fait partie de l’aventure terrestre, on sera confronté à tomber amoureux et à vouloir être aimé en retour.
Dès lors que je veux quelque chose, je cherche à prendre, à capter, je suis infidèle à mon autonomie.

Donc l’état amoureux est forcément pathologique, ou plutôt une fantaisie. Aimer quelqu’un ou vouloir être aimé de lui est un jeu de l’ego.
Mais ce n’est pas de l’amour.
Au fond, peut être n’a t-on ni besoin d’aimer et d’être aimé.
Quand on est avec un ami, on l’aime totalement. Là il y a une satisfaction profonde. Mais si j’ai besoin que cette personne m’aime, je passe ma vie dans la misère…
L’amour pathologique est un échange de business : tu me donnes ceci, je fais cela ; je ne couche pas avec la voisine, tu ne couches pas avec le voisin, on est fidèle.

L’amour n’est pas exclusif, il est inclusif.
Quand je suis amoureux, tout mon environnement passe au second plan, je ne suis plus disponible à l’instant, tant je suis agrippé à l’idée que cette personne peut me combler. Etre amoureux est un manque d’amour, un manque de sensibilité à ce qui m’entoure tel que c’est.

Bien sûr l’alchimie du courant n’est pas possible avec tous, et puis on ne peut vivre avec tous non plus. On va donc en fonction de nos goûts et tendances élire une personne pour former un couple, mais si je peux de plus comprendre qu’il ne peut pas être différent que ce qu’il est dans l’instant, alors je suis plus libre et tranquille, car je n’attend pas d’obtenir de lui quelque chose de spécial, ou alors je vois que j’attends, mon ego est au rendez-vous et je peux émettre un clin d’œil à partir d’un espace où je ne suis pas dupe.

Le 2 mai 2017
Véronique Kohn

Partager l’intimité

Intimite

Partager l’intimité

Voilà un sujet qui est peu abordé dans les magazines à l’instar de sujets plus sulfureux comme les 15 recettes pour se procurer un orgasme, ou comment continuer de séduire son homme après 20 ans de vie commune..

On entend souvent que partager l’intimité est un tue désir, que justement il s’agirait plutôt de ne pas tout dévoiler à la personne avec qui l’on partage un quotidien.
Il y a ceux qui préfèrent donc garder un jardin secret pour préserver le mystère et se rendre attractif des années durant grâce à ce stratagème, d’autres qui au contraire vont se prononcer pour l’authenticité, donc tout dévoiler et c’est pour eux la stratégie magique qui révèle l’amour.

Deux visions sont opposées :
-partager toute son intimité, c’est comme tout se dire, c’est courir le risque de déplaire et de saturer son partenaire de banalités, de postures ordinaires, d’habitudes peu enclines à la séduction.

-partager son intimité c’est se mettre à nu devant l’autre, c’est laisser tomber le masque, devenir vulnérable au regard de l’autre et être jugé de façon négative, ou imaginer qu’il ne peut tout bonnement pas nous accepter sauf pour les qualités que nous nous reconnaissons et dont nous avons repéré qu’elles sont appréciées avec succès. Et en prenant ce risque c’est l’amour véritable qui s’approfondit.

Quelle est la définition de l’intimité ?

Dans le dictionnaire l’intimité véritable demande des échanges, de la transparence, de la réciprocité et incidemment une certaine vulnérabilité.
Il y a l’intimité physique et l’intimité émotionnelle. Les deux sont distincts, l’intimité émotionnelle, ressemble à cette implication de la confidence évoquée ci dessus, l’intimité physique ou sexuelle n’est pas toujours corrélée à l’intimité émotionnelle, on peut avoir un rapport sexuel sans se sentir très proche et impliqué émotionnellement bien que souvent on pourrait penser le contraire.

Ou l’inverse, certains vont vivre l’intimité sexuelle avec beaucoup d’appréhension, avec une très forte implication, ex : « je ne pas peux me donner sauf entièrement », entend-on parfois.

En Analyse Transactionnelle, l’intimité est un échange entre deux personnes où la communication s’effectue de l’Etat du Moi Enfant Libre à Enfant Libre, ceci est rendu possible parce que l’Etat du Moi Parent Nourricier de chacun des partenaires, prend soin de L’enfant de l’autre.
In fine, si je suis en confiance parce que je sais que l’autre est bienveillant et ne me fera jamais de mal, ni aujourd’hui , ni plus tard, alors je peux laisser mon Enfant Libre s’exprimer, avec la spontanéité d’un enfant qui ne se censure pas.
Je peux alors exprimer mes peurs, oser me montrer vulnérable, demander ce dont j’ai besoin, faire tomber les masques que je porte, ces masques permettant en général de tenir des rôles pour plaire.

L’intime c’est aussi ce qui nous est secret, ce que l’on ne peut dévoiler sur la place publique question de pudeur, de jugement critique pour cause de transgression à une règle, de connexion au sensible qui ne peut justement se partager qu’avec une tierce qui nous est complice.

Mais si l’enfant que nous avons été a connu des moments de honte, à été pointé par une tierce, vexé, humilié, plus grand nous aurons tendance à nous méfier des autres, ou à imaginer des conséquences fâcheuses à se laisser aller, à être tel que l’on est.
Nous allons prêter des intentions à celui qui nous aime comme si l’on sait qu’il peut nous aimer oui mais jusqu’à un certain point..
Et donc à cultiver un goût du beau pour le caché, comme le prône l’érotisme où l’on ne dévoile pas tout, mais juste un bout qui suggère.
Un goût de cacher des parties de nous mêmes jugées comme faibles.

Pourtant le courant inverse existe aussi.
L’esthétique du réel a été abordé par Nietzche qui remarque que le beau se trouve dans le laid, l’esthétique est en toute chose, et surtout dans notre manière de percevoir du beau dans tout ce qui construit notre vie ordinaire, pour transcender le beau sélectif, soigné, d’une image orientée que vers certaines choses jugée subtiles, délicates, artistiques ; donc cultiver le beau dans le réel, et ce en toute chose est pour lui une manière de rendre hommage à la création qui ne sélectionne pas à la racine le beau du laid.
Celui qui accède à cette esthétique de l’ordinaire devient pur esthète et permet à l’extraordinaire d’apparaître dans l’ordinaire.
Se rallier au point de vue de Nietzsche, et des existentialistes de manière plus large, c’est vénérer le partage de l’intime dans le couple sur justement ce qui est le plus banal, l’ordinaire. Et le transformer en beauté.

Je vais donner des exemples qui sont justement parlants

Dans le couple il est mal vu de :
– péter
– aller aux toilettes devant l’autre, ou laisser sa porte ouverte
– roter
– ronfler
– s’apprêter devant l’autre (se coiffer, se maquiller, se laver les dents..)

Est-il possible de ramener de la beauté, de la grâce dans n’importe quelle situation ?
Qu’est-ce qui nous en empêche ?
Simplement le jugement en bien ou en mal, en beau ou laid, ou correct, incorrect que nous posons sans même nous en rendre compte.

Les pudiques vont juger que ces gestes font partie de l’intime et que le rejet est au rendez vous si vous vous laissez aller, ou au mieux, bâtir une usure du désir.
Témoignage amusant de l’une de mes participantes à un stage :
« C’est sûr que je si je me laisse aller à péter à coup sûr je suis rejetée, personne ne peut envisager de garder un homme ou une femme avec un tel comportement ! »
Ce type de dialogue intérieur ravive les notions de bienséance, et exige de se contrôler un peu et jusqu’où ?
Un jour, l’un des hommes de ma vie m’a aidé à changer cette croyance, pour m’aider à me réconcilier avec notre naturalité (avant dressage).
Depuis que je me suis autorisée aux prouts ou météorites (nom consacré) en relation amoureuse, j’ai pu constater non seulement que la plupart des hommes ne fuyait pas, sauf les vrais « bien éduqués », mais qu’au contraire, cela détendait l’atmosphère et surtout leur donnait la permission d’en faire autant. Et de se départir de la vision duelle de l’existence, du correct/incorrect.
Nous nous rejetons nous mêmes à lutter contre nos limites, contre nos organes, notre corps qui vieillit, en étant inconscient du tort que nous a fait une éducation trop verrouillée.

Les authentiques vont chercher à transcender les stéréotypes en accueillant l’organique, le biologique comme une fonction naturelle sans être nullement choquer. Et s ‘amuser de ces petits riens du quotidien qui sont assortis de honte pour le commun des mortels.

Laisser rentrer un Autre que soi dans son intimité est un vécu subjectif. Soit je suis à l’aise avec cette notion de laisser l’autre me connaître d’un bout à l’autre, soit je me méfie et je me dis que si l’autre connaît tout de moi, c’est risqué, il peut me manipuler ensuite, ou je peux aussi le vivre comme une intrusion.

Jusqu’où je me livre ? Jusqu’où je cache mes émotions, des parties de mon passé, de mon raisonnement ou imaginaire pour plaire ou protéger quelque chose ?
Et quel est mon dialogue intérieur ?

Chaque personne peut s’autoriser l’intimité à un niveau plus ou moins élevé selon les conséquences de ses traumatismes
5 niveaux sont relevés

– je parle avec l’autre de la pluie et du beau temps
– je partage mes opinions sur les autres : ma mère a dit que..
– je partage mes propres opinions : je pense que ..
– je partage mes sentiments et expériences : mes joies, douleurs, échecs
– je partage mes désirs, besoins, émotions, ce que j’ai de plus profond : je suis mal quand tu ne m’appelles pas ou j’ai envie de vivre avec toi,

L’intimité est mesuré par la personne ayant le plus faible niveau de vulnérabilité, si l’un des deux est au niveau 5 et l’autre au niveau inférieur, la véritable intimité ne peut se vivre, car celui qui est à un niveau plus élevé sera cetes plus à l’aise mais va ressentir comme une fausse intimité à cause du décalage.

Partager l’intimité, c’est aussi partager le territoire : la même maison, le même lit, et de nouveau certaines personnes dont le cerveau des réflexes réagit immédiatement ont du mal à partager.
L’envahissement, les envies de se sur-adapter à l’autre pour ne pas le perdre, peuvent générer des tensions. D’autres au contraire vont se sentir rassurés par une présence de proximité dans la même maison.
Partager son territoire est donc un sujet sensible, nous avons cela en commun avec les mammifères, à la fois nous avons envie de nous rapprocher pour se tenir chaud et à la fois, s’il est trop près nous pouvons défendre notre territoire bec et ongle.

Partager son lit peut devenir compliqué, certaines personnes dorment aisément ensemble, d’autres pas, chaque cas est différent, est-ce que cela vaut la peine de cesser une relation si nous n’arrivons pas à faire lit commun ?
Qu’est-ce qui est négociable ; qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Avec certains partenaires, selon s’il ronfle, s’il vous réveille, s’il vous enserre la nuit, trop, pas assez, s’il aime faire l’amour ou pas la nuit, cela peut vite devenir un enfer, ou un paradis…

Et si votre besoin de contact la nuit est aussi vital que son besoin d’espace, que faire ?
La question peut se poser et de nouveau, est-ce que chacun a une possibilité de faire un pas vers l’autre ?
Quand les besoins de l’un sont à l’opposé de ceux de l’autre, le couple doit inventer sa manière de trouver une issue.
Le temps aide souvent à construire l’intimité, et parler sans agressivité permet de comprendre que l’autre n’est pas notre ennemi mais quelqu’un qui a juste des besoins différents.

Le lit peut aussi être l’endroit où l’on règle ses comptes, chacun de son côté sans se toucher ou faire lit séparé sous le même toit pour marquer le différent.

Autre sujet considéré intime : notre rapport à l’argent au sein du couple.

Est-ce que ce sujet est abordé ? La aussi, ce sujet peut être sensible, en même temps si l’on n’est pas capable d’en parler, cela peut devenir un terrain de conflits larvés.

En résumé, la question de l’intimité au sein de la relation amoureuse est en lien avec la capacité de vivre en vérité, d’assumer qui on est, de ne pas vouloir être autre que ce que l’on est, cesser de vouloir plaire à l’autre à tout prix en s’adaptant, en se perdant, de dénicher nos parties dans l’ombre qui continuent d’avoir honte de donner une image négative.

Exemple : j’ai honte de parler d’argent, j’ai honte d’aller aux toilettes à côté de lui (d’elle), j’ai honte de me laver, de péter, d’avoir des TOCS, et tout comportement que l’on juge nous même répulsif.

Alors, quand serons-nous tranquille avec le fait d’être aimable ? Quand allons-nous déposer les armes, nous rendre vulnérables, pour nous laisser aimer tel que nous sommes, à partir de quand allons –nous désinscrire la croyance que nous ne pouvons pas être aimé ?

1 avril 2017- Véronique Kohn

La différence d’âge dans le couple

Couple age

Combien d’entre nous connaissent des couples avec un écart d’âge conséquent ?


Aimer un(e) plus jeune que soi ?



Jusqu’alors la société patriarcale considérait logique qu’un homme s’entoure de femmes plus jeunes que lui, allant jusque 10 ans et plus d’écart. Dans certains pays de très jeunes filles se marient avec des hommes matures, entre 10 et 20 ans leurs aînés.
Le cas le plus connu du grand public est celui de la crise de la quarantaine, où dit-on l’homme pour revaloriser son image recherche une femme plus jeune, qui lui permet de se sentir toujours jeune et séduisant.


Si l’homme jette son dévolu sur une femme ayant 20 ans de moins et plus, le regard en Europe sera déjà plus jugeant, surtout s’il fonde un couple et non une aventure passagère.


Changement de mœurs dans nos sociétés occidentales, les femmes peuvent s’afficher en couple avec des hommes plus jeunes, on les étiquette de « femmes cougars » par ailleurs.


Certes, la femme est moins stigmatisée qu’auparavant Le terme reste néanmoins péjoratif, ou alors on jette un regard amusé sur ces femmes matures qui s’offrent « des petits jeunots ».
Toujours est-il qu’il y a à peine une dizaine d’année les femmes qui fréquentaient des hommes de 10 à 15 ans plus jeunes les entretenaient forcément alors que maintenant elles sont possiblement en couple.


Aimer un(e) plus vieux que soi ?


L’écart classique est de s’unir pour une femme avec un homme de 2 à 5 ans de plus, jusqu’à une dizaine d’année maximum. C’est ce qui est admis aux yeux de la norme sociale.
A partir d’une dizaine d’année d’écart, il est commun que l’on juge qu’une femme cherche une figure paternelle à travers l’homme qu’elle choisit, avec l’idée que son complexe d’Oedipe a du mal se passer.
Dans le modèle de société patriarcale, la femme jeune se met sous la protection d’un homme fort soi disant, qui pour le coup a tout pouvoir sur elle et ses enfants.
C’est la raison pour laquelle encore aujourd’hui il n’est pas rare de voir une femme attirée par un homme plus vieux s’imaginant trouver protection, appui, soutien.


Si l’homme aime une femme plus âgée (comme le couple Macron qui défraie la chronique actuelle avec 24 ans d’écart), et ceci dans une histoire romantique, il est perçu comme un homme qui perd son temps avec une « vieille », qui pourrait trouver certainement mieux.


Le culte est à la jeunesse, toute personne qui s’affiche en couple avec un(e) plus jeune qu’elle a de la chance, elle symbolise une forme de réussite sentimentale, elle apparaît comme une personne plaisante et acceptée sur le marché de la conquête amoureuse.
Les sites de rencontre accentuent ce courant de devoir rester jeune, beau, en forme, séduisant, la barre est de plus en plus haute, on plait plus aujourd’hui sur des critères purement physiques pour tous ces sites où la première sélection est basée sur l’image.


Selon les enquêtes de l’Insee :


Le modèle de l’homme plus âgé que sa compagne reste dominant (56%). l’homme a en moyenne deux ans et demi de plus que sa conjointe. Trois couples sur dix ont le même âge (à un an près). Mais quand les couples n’ont pas le même âge, l’écart d’âge n’est pas très élevé dans 30% des cas (entre 2 et 4 ans d’écart). Seuls 8% des couples ont plus de dix ans de différence.


Le fait que ce soit surtout des hommes qui épousent des plus jeunes, est pris comme « je suis plus viril que les hommes qui épousent des femmes du même âge ». Mais alors les femmes qui épousent des hommes plus jeunes ? Elles estiment qu’il n’y a pas de raison de laisser l’écart d’âge dans ce sens-là. Elles ne cherchent pas forcément à avoir un compagnon qu’elles puissent montrer.


Au delà de ces clichés qu’en est-il ?
Et est-ce que ces clichés influencent inconsciemment ces couples non assortis ?


8% donc des couples on un écart d’âge de plus de 10ans et quels sont les éventuels écueils qui peuvent se poser sur leur chemin ?


Déranger au niveau du regard


« Dans les esprits, une fille jeune qui se met en couple avec un homme plus vieux est une profiteuse qui n’en veut qu’à l’argent, « crise de la quarantaine », mode des « cougars »… Les couples à grande différence d’âge sont souvent victimes de préjugés qui ne reflètent pas la réalité.
Pour durer, le couple doit s’écarter des projections négatives du monde extérieur, ne pas faire dépendre des autres leur choix amoureux.
Et quand la famille s’y oppose ? Le couple sera-t-il assez solide pour faire face à la pression familiale ?


Projeter un bon parent à la place du parent d’origine


Y a-t il vraiment un besoin de sécurité recherché lorsque le plus jeune se met en couple avec un plus vieux que lui ?
Le cliché qui consiste à dire qu’il cherche un père ou une mère est un peu simpliste.
Cela peut s’avérer vrai pour certains ou certaines qui ont eu un manque de socle parental, de partir à la recherche d’une forme de stabilité mais complètement faux pour d’autres où parfois le plus mature affectivement n’est pas celui que l’on croit.


En même temps si l’alliance de la relation repose sur une recherche de parentage, il est probable dès lors que le couple s’installe dans une symbiose à forme relation Parent- Enfant, qu’il soit menacé dès que l’un des deux sortira de cette symbiose, c’est à dire évoluera et changera de rôle.
Et c’est souvent le cas, celui qui se positionne pour être pris en charge comme un enfant qui se fait materner, peut se sentir étouffé de trop d’énergie père ou mère et cesser de projeter un parent de substitution sur son partenaire.


Les décalages d’envie, de rythme, de goûts


A chaque âge de la vie, ses besoins :


A partir de 25/30 ans l’envie de réaliser une cellule familiale est classique, si l’écart d’âge est important, l’un peut avoir envie de faire des enfants, l’autre pas, ce qui peut devenir un facteur de séparation.


De même si les choix d’activités sont trop différents, de par l’écart générationnel , à terme cela peut finir par nuire à la relation, les goûts, l’âge des amis du partenaire, les rythmes décalés peuvent être perçus comme un grand écart au niveau des valeurs.
Dans les débuts, l’amour est au centre, ce qui est commun aux deux est privilégié, petit à petit les détails du quotidien se précisent, les différences apparaissent plus nettement , l’agacement pointe son nez. Et ce encore plus dans ces couples où l’écart d’âge est important.
A ce moment là, soit celui qui est le plus dérangé peut apprivoiser et négocier l’écart générationnel, soit cela n’est pas négociable et la rupture n’est pas loin.


Parfois c’est un véritable dilemme, je l’aime mais il(elle) ne veut plus d’enfants, puis-je faire le deuil de ce rêve de cellule familiale par amour ? Ou vais-je le regretter et lui faire payer à un moment donné ?


Le désir sexuel aussi, peut se transformer et l’écart d’âge est un facteur qui peut interférer également, ne dit-on pas qu’un homme aura moins facilement d’érection, une femme moins envie de faire l’amour lorsqu’elle est ménopausée ? Evidemment ce n’est pas toujours vrai non plus, néanmoins cette question autour de la sexualité peut être encore plus présente au sein de ces couples là.
Comment va se gérer le fait que l’un des deux ait une libido adaptée à son âge ?


Avec ce décalage des rythmes, de la vitalité, des goûts, est-ce que le plus âgé ne va pas se comparer au plus jeune et en profiter pour se culpabiliser de n’être plus à la hauteur ?
Est-ce que le plus jeune peut s’adapter et trouver des ressources ailleurs ?


Jouer l’infirmier pour l’autre ?


Pour ces couples à grande différence d’âge, si le plus jeune n’a pas suffisamment d’énergie ; il peut s’inquiéter d’un éventuel rôle d’infirmier pour la fin de vie de son partenaire.


On pourrait à première vue considérer qu’il manque d’amour véritable, mais la question à mon sens est plus pragmatique qu’autre chose, a-t-ton toujours les moyens d’être à la hauteur de notre vocation d’amoureux inconditionnel ? Entre le rêve de se porter au secours par amour et le fait d’en être capable, il y a parfois un pas à franchir.


A l’idée de devoir le prendre en charge dans quelques années, il peut se sentir déjà enfermé dans un système trop contraignant.
Le film « Amour » traduit bien cette problématique de la fin de vie, tout en nuances, on voit ici combien ce sujet sensible nous confronte à la fois sur notre intention de nous mettre en amour ; de porter soin et à la fois de nos limites.


Un lien plus menacé que pour un couple avec deux ou trois années d’écart, d’où la séparation est déjà incluse dès le départ ?


On pourrait s’imaginer que le plus jeune à terme risque de refaire sa vie et de partir pour un(e) de son âge probablement parce que ce coup de cœur à terme n’est pas viable pour les raisons citées plus haut.
Bref que ce n’est pas un lien durable, juste une histoire temporaire, trop d’obstacles viennent se rajouter à ceux des couples sans ce décalage d’âge.


En même temps si ce couple se maintient, de deux choses l’une, soit la relation symbiotique Parent-Enfant se maintient, soit ce couple invente sa manière propre de faire face aux obstacles.
De fait, annoncer dès le départ la rupture est déjà une façon de se scléroser dans un futur connu, qui n’est évidemment qu’un schéma de pensée puisque la particularité du futur est qu’il est inconnu.


On pourrait ainsi conclure que si ces couples à grande différence d’âge doivent se séparer avant que l’un des deux ne meurt, c’est que comme n’importe quel couple, il a ses raisons de ne pouvoir se maintenir dans la durée, même si les obstacles envisagés paraissent plus importants encore dans cette configuration.


Et en conclure que la différence d’âge n’est pas un problème si l’on considère qu’une seule personne au monde ne peut en aucun cas satisfaire tous nos besoins, à partir de là, il s’agira de développer des stratégies multiples dès que l’on rentre en relation amoureuse au lieu de poser une évidence du « je serai tout pour toi, tu seras tout pour moi » slogan de la génération de nos parents plus que de la notre.


Véronique Kohn, le 16 mars 2017

La rupture amoureuse

Rompre ? Ne pas rompre ? Comment rompre ? Et après ?…



Capture d’écran 2017-02-13 à 01.34.02
La question de la rupture amoureuse est cruciale, à savoir qu’aujourd’hui en France 45% des mariages finissent par un divorce. Quant au nombre de séparations qui laisse des traces d’amertume indépendamment du mariage reste un sujet qui nous est commun à tous, et notamment à tous ceux qui se lancent dans une rencontre amoureuse, comme si de manière incontournable prendre le risque de rentrer en relation se corrèle à prendre le risque de la rupture et d’en souffrir.


Avec le temps, tout passe, .. A l’heure ou un couple sur trois se sépare, rompre est devenu banal, mais la séparation reste le plus souvent une expérience très douloureuse. 


« Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons (Freud dans malaise et civilisation 1929) ».


Alors faut-il rompre ? A quel moment l’envisager, de quelle manière, et après la rupture comment puis-je me recentrer, me reconstruire ?


Evoquer le mot rupture amoureuse s’associe à une douleur psychique parfois très aigue et surtout quand la rupture est subie.


On va parler de deuil exactement comme pour un décès ; qui selon le parcours antérieur de l’individu va durer plus ou moins longtemps. Et nous ne sommes pas égaux sur la longueur du deuil, pour la traversée des affects douloureux qui vont plus ou moins nous submerger.


La séparation peut devenir le déclencheur de grandes difficultés : de dépressions majeures, de crises d’angoisses, de décompensations, quand il y a des terrains fragiles. Certains ne vont plus pouvoir travailler et vont être arrêtés. D’autres vont se réfugier dans l’alcool, la drogue, ou adopter des comportements, notamment sexuels, à risques… Et on a observé que chez 50% des personnes qui ont fait une tentative de suicide, le déclencheur était une séparation amoureuse. Dans une rupture, on a parfois vraiment l’impression que nous n’allons pas nous en sortir. Que nous ne pouvons pas vivre sans l’autre, que nous allons mourir. Des angoisses archaïques de séparation et même de mort peuvent ressurgir. C’est très physique, comme sensation.


Celui qui décide de mettre un terme est en général moins perturbé, il est en position haute. On peut se poser la question pour ceux qui rompent en premier si la peur d’être quitté ne les motive pas à agir ainsi et si cela n’est pas une manière de garder le contrôle pour éviter un sentiment d’impuissance intolérable.


Ce sentiment d’impuissance dans une séparation est renforcé par la perte des repères que fournit le couple, comme une bulle qui se forme en guise de protection, créant une illusion de stabilité, d’un projet couple qui se projette dans l’avenir.


La souffrance est souvent corrélée à l’idée de projection dans le futur, comme si sans l’autre la vie va devenir moins supportable, moins agréable, « moins …» même si on ne sait pas toujours définir ce que l’on y place dans ces …


Mais pour ceux qui ont vécu plusieurs ruptures sentimentales, le constat est que quelques années après, avec le recul, ils en viennent à se demander comment le regard porté à ce moment là pouvait être si gonflé d’admiration, de fascination.. avec des zones aveugles sur les mauvais moments.


Pourquoi rompre ?


Nous sommes des êtres concernés par des besoins de relation, de bien-être, d’autonomie, de paix, de respect, de tendresse, de sexualité, de valeurs communes.


Si certains de nos besoins ne sont pas couverts, selon la capacité de le tolérer, nous allons commencer à remettre en question le bien fondé de la relation.


Selon aussi notre sensibilité à des valeurs prioritaires qui nous déterminent, nous allons évaluer que notre partenaire n’est pas à la hauteur de celles-ci (authenticité, respect, justice, bienveillance, liberté).


Pour ceux qui rompent trop vite :


Ils vont à ce moment là dire,  « je ne l’aime plus » au lieu de concevoir que certains de nos besoins ou valeurs ne sont plus couverts. Et peut être décider de le quitter dans un « je ne l’aime plus » comme avant …Et ce qui est pathétique, n’est pas qu’on ne l’aime plus, c’est juste un besoin non satisfait, alors avant de « jeter le bébé avec l’eau du bain » peut être voir si le partenaire peut faire un pas pour nous aimer comme l’on souhaiterait l’être.


Les besoins les plus courants qui signalent une rupture prochaine sont :

  • le manque de désir sexuel
  • la violence verbale et ou physique, (besoin d’intégrité, de respect)
  • le manque de temps, d’attention de votre partenaire
  • le décalage des points de vue, des valeurs, (besoin d’harmonie, empathie).

En prenant tout à cœur, on a peu de marge de tolérance quant aux réactions du partenaire.


Si je ne comprends pas les systèmes de défense liés à des réactions de survie, je vais être vite jugeant et me méprendre sur l’hostilité apparente. Bien souvent , l’autre nous apparaît comme un ennemi alors qu’il devrait être notre meilleur allié, mais nos comportements peuvent réveiller ses blessures et il va réagir dans un mode fuite ou attaque qu’il ne contrôle pas.


Comprendre ses besoins sous jacents diminue la réactivité, et s’exprimer sans agresser remet du lien là où nous percevons notre partenaire comme un ennemi. (Notre cerveau de survie ne fait pas la différence, soit c’est un allié, soit un danger pour nous).Dans ce cas, nous ne pouvons guère mener de relations au long terme, parce que pour un(e) écorché(e) vif (ive), les moindres remarques ou frustrations sont interprétées.


Préférer rompre c’est aussi prendre le pouvoir et donc moins souffrir. Mais c’est un schéma répétitif qui mène à la solitude.


Pour ceux qui au contraire qui ne veulent pas rompre :


La relation est là pour nous apporter plus de joie que de souffrance, même s’il est inconcevable d’imaginer un couple sans tension, sans crise non plus, mais globalement la relation n’est pas un lieu de travail, de dépassement de soi, (dans certains milieux on a l’habitude d’entendre que la relation sert à se faire grandir mutuellement..) ; mais un lieu de ressourcement sinon à quoi cela sert d’être à deux ?


Sur ce principe là, nous sommes à priori tous d’accord mais parfois nous gardons l’espoir que l’autre change, qu’il revienne à ce qu’il nous promettait au début, et cet espoir ne nous fait pas vivre !.. Au contraire, comme un enfant qui aurait garder l’espoir que son parent toxique puisse se changer en bon parent un jour, certains adultes se maintiennent dans des relations de dépendance malsaine en espérant que le vent tourne.


Comment rompre ?


Deux cas se présentent


Soit la relation se termine d’elle-même, on se quitte en toute amitié parce que l’on sent bien que l’on n’a plus de raison de cheminer ensemble.


La rupture se fait en douceur dans ce cas là.


L’autre cas, plus fréquent, est beaucoup plus compliqué à gérer. Il s’agit d’une relation suspendue avec rupture brutale. La relation s’arrête alors que vous avez l’impression de ne pas en avoir fait le tour, difficile de ne pas verser de larmes ou de cris sur ce type de rupture.


Au mieux : parler de soi, éviter les reproches à l’infini, et voir si celui qui a décidé de rompre est inflexible.


Puis permettre un espace de communication à froid, à l’écrit par exemple pour que chacun puisse s’exprimer et expliquer ce qui le motive sans animosité.


En d’autres termes, dire qu’on n’y arrive plus, que l’on a besoin d’emprunter d’autres chemins, que l’on ne se sent plus bien dans cette relation, plutôt que reprocher telle ou telle manie, tel ou tel mot malheureux, etc.


Également à proscrire, « le reniement ». « C’est une chose de vouloir quitter celui ou celle avec qui l’on était, c’en est une autre que de gommer tout ce qui a existé. Même si malheureusement, quand on n’aime plus du tout, on a tendance à oublier qu’on a aimé. Mais reconnaître ce qu’on a partagé, ne pas jeter avec l’eau du bain ces années de vie commune, c’est une façon de ne pas nier l’autre et les sentiments qu’il ou elle peut encore avoir. »


… Sans laisser place à l’incertitude


La meilleure façon de ne pas blesser davantage la personne qui subit la rupture c’est de la décider de façon franche et définitive. Il n’y a rien de pire que l’incertitude ou le flou quand on est en train de se séparer.


Eviter de se positionner pour ne pas faire souffrir augmente le flottement, l’incertitude et l’angoisse chez l’autre.


Après la rupture, comment gérer ?


Les chercheurs ont étudié des images de cerveaux d’hommes et de femmes qui se disaient très amoureux. Ils ont constaté que les circuits cérébraux impliqués dans les relations amoureuses étaient les mêmes que ceux impliqués dans des comportements addictifs. L’hypothèse des chercheurs est que surmonter une rupture serait ainsi comme surmonter une addiction à la drogue.


C’est pour cela qu’il est important de couper le lien et de ne plus avoir du tout de relations avec l’ex. Et ce pour celui qui le vit de manière souffrante.


Si vous restez sur le même territoire, sa présence empêche le deuil de se faire.


Déjà quand bien même la personne n’est plus présente physiquement, vous risquez d’être envahi par des images d’elle, des pensées obsessives, des souvenirs.


Comme toute dépendance, il faut penser à se sevrer, même si les raisons ne vous semblent pas juste pour vous, elles sont ce qu’elles sont. Si vous restez bloqué sur le passé, vous faite exister votre ex virtuellement alors qu’il n’est plus, donc vous lui donnez beaucoup de place encore dans votre vie.


Sans chasser non plus les émotions de tristesse, de colère liées au deuil, pensez à alterner entre l’accueil des phases dépressives et des phases où vous n’entretenez pas non plus l’image de l’ex ; les ruminations ne sont plus qu’un film du passé, donc purement psychologiques, seul le présent est notre réalité dans le fond.


Il y a un goût à faire remonter les souvenirs, à entretenir l’image de l’ex, comme si par ce biais vous aimez être dans la peau d’un(e) amoureux(se) transi(e)..et que finalement cette image romantique de vous même est plus importante que de passer à autre chose. Nos motivations à entretenir un deuil ne sont pas toujours conscientes.


Notre cerveau peut agir pour corriger certaines émotions et ouvrir la porte à de nouvelles attirances et à la formation de nouvelles relations si nous ne fixons pas sur l’idée qu’il n’y a que lui qui nous rend heureux. (Ce qui est faux puisqu’il nous a quitté, s’il nous aimait de manière inconditionnelle il serait là).


De la même manière que surmonter son addiction à la drogue permet à ses chances de survie d’être augmentées, passer à une autre relation aurait toujours été avantageuse du point de vue de l’évolution, question de reproduction. Qui dit rupture dit potentiel de nouveau partenaire ; dit nouvelles possibilités de procréer… C’est aussi simple que cela.


Donc cesser de croire que vous vivez en pénurie d’hommes ou de femmes, qu’il n’y en aura pas un autre aussi formidable pour vous que lui ou elle.


Sans tomber dans les excès non plus où vous ne supportant pas la solitude et la souffrance du deuil, vous remplacez immédiatement ce partenaire par un autre. Un de perdu.. 10 de retrouvés selon le fameux dicton..


Fixation sur le passé ou évitement du deuil et remplacement de l’objet d’amour en formant de suite un couple, sont à éviter.


Sortir de la répétition amoureuse


Parfois, les histoires – et les ruptures – se suivent et se ressemblent. Mêmes scénarios, mêmes personnes qui nous attirent, mêmes relations dévastatrices… Une répétition amoureuse qui trouve souvent son origine dans notre enfance.


« Lorsqu’on s’interroge sur nos échecs amoureux, il est intéressant de travailler sur nos schémas qui nous conduisent à répéter des scénarios de vie. Que vient-on reproduire de notre enfance ou d’une certaine situation que nous avons pu vivre étant enfant ? Souffre-t-on d’un schéma de méfiance (« les gens peuvent trahir et décevoir ») ? D’imperfection (« si les autres savaient qui je suis réellement, ils ne m’aimeraient pas ») ? De dépendance (« je ne peux pas me débrouiller tout seul ») ? De carence affective (« personne ne pourra jamais m’aimer ») ? … Un travail qu’il est parfois bon de mener avec l’aide d’un professionnel.


La durée du deuil


Certains se remettent plus facilement que d’autres d’une rupture amoureuse, si vous disposez de ressources, que vous vous passionnez pour votre vie en dehors de la vie amoureuse, vous aurez plus de chance que le deuil dure moins longtemps .


Si au contraire votre vie se construit autour d’une personne et que tout tourne autour, vous allez agrandir le temps du deuil.


Moins vous êtes connecté à vos dons, vos talents, votre créativité, plus vous êtes dépendants affectifs et plus le deuil est long.


Une autre piste pour rebondir, c’est de transformer les sentiments de tristesse, de désespoir, d’impuissance dans une tâche créative, comme le font les artistes, poètes, et tous les résilients.


Je poste ci-dessous en exemple le texte d’une femme qui a du mal à tourner la page deux ans après, le texte a une saveur romantique, on voit ici l’orientation de l’attention psychique portée sur les bons souvenirs, la consécration à la passion pour une personne (qui renvoie au goût de l’âme sœur).


Jusqu’où ce mono-investissement peut nous rendre dépendant et à la fois permet de jouer un rôle d’amoureuse transie, un rôle que l’on peut chérir plus que tout au détriment de la souffrance subie.


Pour Spinoza la passion triste se différencie de la joie active qui est notre vraie nature, dans la mesure où pour lui l’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure. Faire dépendre notre bonheur d’un objet d’amour placé à l’extérieur nous conduit à une passion triste. Il s’agira de faire en sorte que le plus grand nombre de nos passions soient joyeuses, et passer aux sentiments libres et actifs.


Véronique Kohn le 12 février 2017


Voici le texte :


« En fait ça fait à peu près deux ans que c’est à peu près finit avec mon chéri. On est d’accord qu’il y a eu un changement, un avant un après ce moment.
Déjà.
Ça fait un peu plus d’un ans et demi que tu es parti. J’ai impression que c’était hier. Je pensais que je perdrais le timbre de ta voix le grain de ta peau. Que nenni, je comprends ce que voulait dire Mr Bobin avec son livre : « La plus que vive ». Mon téléphone bug et parvient à me sortir des textos de toi à l’improviste. Des amis me parlent de paroles toutes imprégnées de toi.
Tu es la, plus que vivant.


Entre cette rupture qui n’en finit pas et ce deuil qui.. Je ne sais pas.
Serait-ce pourquoi j’ai l’impression de ne plus pouvoir être amoureuse ces jours-ci?
Enfin je ne sais pas ce que c’est mais c’est la.
Ptet que mon cœur est fatigué. Tout ces gens qui meurent. Et mon sexe qui. .. C’est comme si tout était plus fermé.


Alors la liste des petits noms qu’il me donnait :


Batata Haloua
Rouma
Balala
Habiba
Hadouda
FéeLynx
Les yeux de la lionesse
Patapoufesse
Guignola
Sale guignarde
Espèce de sorcière
T’es mon doudou
MAW
Zizotte
Didou
Didouda
Zizouzou
Mahou
Fofolle
Pitita


Tous ces mots.


Ptet c’est pour ça. Je m’attache amoureusement avec passion fort rarement. Parce que je ne m’en remet jamais. Jamais jamais. Et c’est un peu fatiguant pour mon cœur.
Du premier au dernier que j’ai aimé ils sont tous la toujours dans mon cœur. Qui craque là un peu je crois. »

1 2 3